Quelques remarques intéressantes d’Axel K. lues dans les commentaires du
billet de Gilles Klein et qui permettent d’éclairer un peu la
question :
"Dans la notion de cinquième pouvoir, le mot pouvoir est à prendre dans
le sens premier, quasi aristotélicien, comme une puissance physique
permettant l’action, et non comme une emprise morale ou légale sur
d’autres êtres pour les asservir.
Le cinquième pouvoir évoque ainsi la possibilité pour chacun de
pouvoir agir localement dans un nombre croissant de domaines, sans
devoir sans cesse se plier à une chaîne hiérarchique complexe qui
prive l’action de son temps et de son heure idéales.
L’exemple du développement d’Internet est là, pour rappeler que s’il
avait fallu attendre, avant chaque étape, le tampon d’une autorité
centrale, nous n’en serions pas à ce niveau de performance. C’est la
validation par l’expérimentation locale, par des usagers, et non par
une autorité administrative centrale, qui a permis le développement
d’Internet avec ses millions de sites. Le cinquième pouvoir s’inspire
de ce développement pour mettre en avant des voies collaboratives
locales, plutôt que de tout attendre de leaders politiques nationaux.
(...)
On a trop tendance à se focaliser sur les élections, à s’occuper de
savoir qui sera élu, et à réfléchir uniquement en mode binaire :
pouvoir gouvernemental / contre-pouvoir citoyen, comme si tout
dépendait du pouvoir politique, en bien comme en mal. Ce n’est pas de
cela dont il s’agit.
Il y a une forme de praxis politique à développer, qui ne se construit
pas nécessairement CONTRE les hommes politiques, mais à côté, en plus,
pour faire ce qu’ils ne font pas.
Lorsqu’il s’agit, non pas de savoir qui sera élu, mais de développer
un projet local, les différences entre alters, libéraux,
conservateurs, etc, sont beaucoup moins importantes qu’elles ne
paraissent dans l’univers électoral où chacun se radicalise pour
exister dans un rapport de forces.
Le 5e pouvoir, c’est sortir de l’univers électoral, et cesser de
considérer chaque question sociale selon les clivages archaïques que
l’on trouve au Parlement."
http://gklein.blog.lemonde.fr/2007/01/06/a-propos-du-cinquieme-pouvoir/