Bel article mais un peu réducteur à mon sens.
Les fondamentalistes du marché, dites-vous, exigent le la mort de l’impôt.
Ce n’est pas aussi simple.
En fait on constate surtout que toutes les mesures d’assouplissement (bouclier fiscaux, exonération d’héritage) avantagent surtout les tranches les plus élevées.
La dette, qui n’est rien d’autre que la confiscation du revenu des impôts futurs au profit de la haute finance, oblige au contraire les états à alourdir la charge fiscale des plus modestes en particulier par le truchement des taxes et impôts locaux qui ne sont presque pas progressifs.
Avant même d’être levé, l’impôt futur est déjà détourné de ce qui justifie son prélèvement, c’est à dire les services publics, les prestations sociales et la sécurité (sociale et physique) des citoyens.
L’élite financière pompe la richesse des nations comme elle a dépecé les industries, les banques indépendantes et les caisses d’épargne.
Peut on analyser cela comme un effondrement du système ?
Je ne le crois pas.
Il s’agit plus d’une mutation, qui répond à deux évènements majeurs :
1) L’épuisement des ressources naturelles et donc la fin de la prospérité du modèle productiviste
2) La disparition d’un système idéologique concurrent capable de cristalliser la révolte des peuples.
Cette mutation a été théorisé de façon claire par divers idéologues du libéralisme tel que Fukuyama et sa « Fin de l’Histoire » ou dans le « Projet pour le Nouveau Siècle Américain » auquel il a participé.
La mise en place du leadership universel des états unis qu’il sous-tend ne peut avoir lieu que si l’empire anglo-saxon met a pas les puissance émergentes susceptible de limiter son empire et son accès aux ressources mondiales.
Il s’agit principalement de la Russie, de la Chine et de l’Inde, mais il faut ajouter à ce trio le Vénézuela qui est un acteur important du marché pétrolier.
Quand aux pays Arabes ou musulmans, ils sont à la fois sous la maîtrise des USA et lui servent utilement de pions pour contrer ledit trio.
Depuis le 11 septembre, nous sommes entré dans un phase active de ce jeu international, autant à l’international avec les guerres de positionnement stratégique en Asie en Mésopotamie et en Afrique du nord, mais aussi au sein des états occidentaux qui opèrent à vitesse accélérée la mutation de leur systèmes politiques et économiques vers ce qui apparait de plus en plus comme un régime politique et économique de période de conflit.
Régime où les pouvoirs civils et économiques dépendent de moins en moins des instances représentatives et se concentrent à des niveaux supra-nationaux selon un agenda qui se met en place en dépit des référendums et des manifestations populaires.
C’est assez semblable à ce qui s’est passé avec l’instauration des régimes autoritaires dans les années 30 sauf que ce sont les libéraux et les démocrates-sociaux qui sont cette fois ci les fossoyeurs des souverainetés nationales et de la démocratie.
La trahison généralisée des élites politiques occidentales n’est pas un hasard, elle a été orchestrée progressivement et patiemment depuis au moins les années 1970, c’est à dire le moment ou la production de pétrole aux USA a dépassé sont pic et a décliné.
C’est à cette période que Nixon a suspendu la convertibilité du dollar en or de sorte que le pétrole du Golfe puisse être payé en monnaie de singe jusqu’à ce que l’Arabie Saoudite atteigne son pic de production, ce qui s’est produit en 2006.
La parenthèse ouverte par Nixon est maintenant refermée.
Les USA on tourné la page en organisant le cassus belli du 11/9 et en s’employant à instaurer un nouvel ordre mondial.
Nouvel ordre qui consiste à se positionner en Asie centrale afin de se contrôler l’accès aux réserves restantes de la Caspienne et d’en maitriser l’accès pour l’Inde, la Chine et la Russie.
Nouvel ordre qu’il faut aussi imposer aux populations occidentales en limitant leur choix politiques et en préparant l’arsenal sécuritaire destiné à mater les futures rebellions.