Vous êtes vraiment amusant Tikhomir :
notamment avec « Reprenons donc
votre propos qui, on le voit ici, est tout autre » marrant puisque là
je ne faisais que reprendre mon propre propos précédent afin de vous montrer qu’à l’évidence
vous aviez ou volontairement ou involontairement ignoré cette précision, ou
tout simplement pas compris. Bref.
« Une religion n’est pas
« vraie », la foi peut-être tenue pour vraie et ceci est aussi un
élément de foi. La religion découle de la foi. » oui, à nouveau, vous
voulez jouer sur les mots quand bien même vous avez saisi le message : que
l’on tienne sa foi pour vraie découle automatiquement que la religion qui en
découle soit considérée comme vraie :
vous le dites vous-même la religion découle de la foi : j’imagine qu’on ne
peut partir d’une foi vraie et aboutir à une religion fausse ? que la
formulation vous semble impropre : ok mais ne faites pas semblant de ne
pas saisir le message. Vous dites que attribuer le qualificatif « vrai »
au terme de religion n’a aucun sens : mais si telle religion découle de telle foi et que vous acceptez d’attribuer le qualificatif de « vraie » au concept de foi : il n’y a alors aucune raison de ne pas l’attribuer à la religion qui découlerait de cette foi dite « vraie » , sinon selon vous, donc si je vais au hasard chercher
quelques textes religieux de telle ou telle religion : je ne trouverais
jamais chez des théologiens de telle ou telle religion l’accusation de croyances
fausses, de religion fausse, diabolique, etc…bref d’être dans l’erreur et donc pas dans
le vrai ?
Continuons, et à nouveau
constatons votre manière de digresser et disserter (pour je ne sais quel motif) :
vous écrivez :
« Un musulman qui ferait ça aurait donc aux yeux du chrétien (et même
du juif ou de n’importe qui de toute façon), une religion « pure » ou
« juste » (dans le sens de la justice) mais pas forcément une foi tenue
pour « vraie » aux yeux d’un autre. »
Oui cela est bien gentil, mignon
tout plein ce que vous dites mais peu importe qu’un musulman, juif, etc… aurait
aux yeux d’un chrétien une religion pure
ou juste ou des pratiques similaires
puisque si je me rappelle bien la reconnaissance du Christ comme Sauveur est un
pré-requis si l’on veut être sur le chemin de la dite Vérité (telle qu’entendue
chrétiennement parlant) : au final : pour le dit musulman, juif, etc…
peu importe la pureté ou justesse de sa religion ou foi : il est et
demeure dans l’erreur ou autre, ou pire…donc loin de tout accès à la dite
Vérité selon l’acception chrétienne.
« Une religion n’est donc pas »vraie" non, sa pratique
s’inscrit dans la vérité et ici, une vérité qui peut être partagée par des gens
qui ont une foi toute autre ! »
N’importe quoi ! si je salue
votre œcuménique tolérance : vous sembliez oublier que toute pratique
religieuse a pour prémisses les principes définissant telle ou telle foi :
si le croyant de la religion X considère que les principes de sa foi sont vrais :
il ne peut à la manière dont vous le faites aboutir à l’idée que la dite vérité
serait partagée/accessible par les membres des religions Y, Z, etc… peu importe
les similarités dans les pratiques : le fait est que les prémisses seront
considérées comme fausses par le croyant X : la pratique en découlant :
on peut alors simplement dire que le comportement des croyants Y, Z, etc…
ressemblent à ceux de X mais rien de plus : en aucun cas, cela signifie l’équivalence
ni que la dite vérité tel que conçue par X, Y, Z serait accessible au travers d’une
autre foi X, Y, Z.
Vous m’avez l’air limite
hérétique pour le coup : et en contradiction avec vous-même puisque vous
citez bien les passages des Evangiles où (notamment) il est écrit : «
Je suis le chemin, la vérité et la
vie ; nul ne vient au Père que par
moi." Il me semble que la partie que je mets en évidence entre en
contradiction directe avec votre idée de « …une
vérité qui peut être partagée par des gens qui ont une foi toute autre » :
de même que votre citation de Benoit XVI évoque bien communion et
injonction et j’imagine que ici communion/injonction ne sont pas utilisés au
sens large ou commun mais selon l’acception chrétienne.
« Ces divers degrés de communion à la vérité s’expriment très bien dans
ce que nous avons dit précédemment avec cet exemple :
- les chrétiens pensent que Dieu est la vérité
- les musulmans pensent que Dieu est la vérité
Ainsi, les uns aux yeux des autres pensent la même chose avec des éléments
de foi différents et doivent admettre que l’autre est aussi, au moins en
partie, dans cette vérité. »
Oui sauf que les uns et les
autres n’entendent pas Dieu de la même manière : donc à moins que vous
considériez que les Chrétiens entendent par Dieu la même chose que les
Musulmans entendent par Allah : cela est faux : et il me semble que
sans aller trop loin : les trois personnes distinctes mais non séparées de
la Trinité telle que conçue par les Catholiques n’a que peu à voir avec Allah (pure
transcendance) chez les Musulmans : donc à nouveau : ici vous réthorisez
et essayez d’embrouiller votre interlocuteur : si les Chrétiens et
Musulmans sont d’accord pour dire que Dieu est la vérité : ils ne sont
vraisemblablement pas d’accord sur Dieu : ce qui me semble tout de même
pertinent ici : et donc si Dieu est vérité mais que chacun entend Dieu
différemment : à l’évidence ils ne parlent pas de la même vérité ou ne la
conçoivent pas pareillement au final.
« Effectivement, cela ne veut rien dire, mais après tout, chacun est
libre de penser ce qu’il veut, de faire et de croire ce qu’il veut et vous avez
le droit d’avoir un avis différent. Le but n’étant pas forcément de vous
convaincre, mais de simplement discuter sans se soupçonner l’un l’autre de
prosélytisme pour sa chapelle ou de « bataille de rhétorique ». »
Désolé, ici pas de chapelle pour
moi ou de bataille rhétorique : je vous laisse cela et vous n’avez aucune
peine à en faire la démonstration encore et encore : mon propos était
somme toute simple : vous jouez sur l’ambigüité de la formulation de
MusulmanFrançais : à savoir faire un distingo en coupant les cheveux en quatre
entre dire : « être certain d’être
dans le vrai par sa foi, sa religion » et « croire détenir la vérité » : ici, vous jouez non
seulement sur les mots mais sur les plans : d’une expression au figuré :
vous passez à la vérité comme concept théologique : désolé : si je
dis que j’ai le cafard : vous entendrez très bien ce que cela entend sans avoir
besoin de passer par l’entomologie.
bref :
niveau application pratique : pour n’importe quel fanatique de n’importe
quelle religion : le distingo que vous faites entre « être certain d’être dans le vrai »
et « détenir la vérité » n’aura
que peu d’importance : il me semble que nous avons maints exemples où la certitude
d’être la « religion vraie »
a eu quelques fâcheuses conséquences pour ceux qui disaient le contraire.
Alors ici reste
deux options : soit chaque commentateur avant de poster son com :
précise dans quel champ il opère : langage courant, commun ; champ
théologique ; champ philosophique etc… et définisse donc ce qu’il entend
par vrai, vérité, foi, religion, etc… parce le concept théologique « vérité »
déjà diffère selon les religions mais n’a pas forcément la même acception dans
le champ philosophique où là aussi il pourra différer selon les écoles, ni
forcément la même acception dans le langage courant : si je dis : « il est vrai que les arbres ont des feuilles » :
chacun notera ici qu’il y aura vraisemblablement un petit distingo à faire pour
« vrai » si je dis « il
est vrai que Jesus est pleinement homme, pleinement Dieu », « il est vrai que le Coran est incréé et
intemporel », « il est vrai que Moïse reçut les Tables de la Loi… »
etc , etc…
Or visiblement
cela vous ne le comprenez pas et considérez qu’une expression assez habituelle « les
croyants de telle ou telle religion sont persuadés de détenir la vérité (soit
donc être dans le Vrai) » à avoir avec l’idée de Vrai/Vérité telle que
théologiquement conçue.