Article intéressant, mais à mon sens un peu réducteur.
Cette chute des « vocations » ( appellation ambigüe qui mélange plusieurs notions peu claires) était inévitable depuis longtemps déjà.
Il y a eu à mon sens une disparition progressive de tous les enjeux : actuellement, pour échouer au bac, il faut une volonté de fer et une préparation intensive, ou alors de tels dysfonctionnements que peu en sont capables.
Le bac a donc perdu à peu près toute signification, pour devenir un rite de passage festif vers quelques années d’indolente torpeur, sauf pour les quelques acharnés qui veulent à tout prix intégrer une grande école.
Bien entendu, le goulot d’étranglement s’est déplacé vers le haut, et il est actuellement de bon ton de verser quelques larmes sur les bac+5 en déroute. Des bacs +5, il y en a des quantités astronomiques, et cela n’a qu’un lointain rapport avec une quelconque employabilité.
La disparition du niveau en même temps que celle du débouché assuré, puissamment soutenue par la victimisation permanente sur critères sociaux et culturels, dont se sont chargés avec enthousiasme les pédagogues agissant dans l’Education Nationale, et les syndicats enseignants, ont fait le reste.
Et notre « Education », anciennement l’une des meilleures du monde, est tombée au niveau de la Bulgarie.
Le corollaire ayant été une modification désastreuse du comportement des élèves, il fallait s’attendre à ce que nos jeunes diplômé(e)s, quasi-assurés de démarrer leur carrière dans les délices de la Seine-Saint-Denis, expriment une certaine angoisse.
Ils sont en outre portés à surestimer beaucoup les débouchés qui leur sont offerts, et s’imaginent qu’avec ce fameux « BAC+5 », ils vont avoir des choix ensoleillés.
Inutile donc de trop s’affoler, les jeunes gens qui transitoirement font la moue devant le CAPES et autres concours, y reviendront assez vite, puisqu’il faut bien vivre.
Il exerceront avec amertume un métier non-choisi, et s’useront à capter une lueur dans le regard éteint d’élèves ricanants.
Mais au moins, en accord avec nos sacro-saintes baudruches, aurons-nous évité l’horrible spectre de la sélection au mérite.
Bien joué, non ?