Très bon article documenté. J’étais officier de police jusqu’au « règne » de Sarkozy en tant que M.I. et j’ai constaté et dénoncé ces dérives (raison pour laquelle, malgré et à cause d’un mandat syndical, j’ai dû passer en catimini un concours pour m’échapper , suite à une chasse au sorcières me supprimant mon poste, mon avancement...).
Il faut ajouter que la réforme des corps et des carrières, lancée par Guéant en 1995 , qui prévoyait un retour aux affaires, a créé par la réforme des corps les conditions « managériales » de mise au pas des policiers, en plaçant tout le secteur judiciaire de la police sous contrôle hiérarchique et administratif étroit (sur le modèle gendarmerie , d’ailleurs) en esquivant au maximum la Justice, contrôle qui permet l’évacuation des dossiers sérieux au profit de la « politique du chiffre » et de « visibilité » , réalisable à moindre coût financier et humain, et à grand renfort de publicité dite « communication ».
Il va de soi que la contrôle est aussi passé par un népotisme de plus en plus grand : il suffit de regarder les noms des gens en poste, à commencer par le DGPN . Népotisme étendu à tous les échelons de la hiérarchie : depuis Sarkozy, la VAP (Voie d’accès professionnelle) permettant de contourner les concours et de nommer qui on veut pourvu qu’il plaise a verrouillé le système hiérarchique et étouffé la contestation interne.
Je comptais d’ailleurs ( et peut-être le ferai-je, mais le temps me manque ) écrire ici -même un article sur la « politique du chiffre » et les stratégies utilisées pourla mettre en place et la maintenir.