"Ne peut-on alors imaginer
une autre règle d’or ? Etant entendu que cette règle pourrait elle aussi
contribuer à assainir la situation budgétaire mais sans salir l’esprit de la Constitution. Bien
au contraire, cette règle serait de nature à honorer l’esprit de la République dont la
devise met en avant un grand principe, celui de l’égalité. Et en l’occurrence,
il sera question d’égalité face aux impôts."
Oui, Cher Monsieur. Trois fois
oui !
Quel candidat osera proposer cette
règle d’équité fiscale ? demandez-vous.
Moi.
Pour quelle raison ?
Parce qu’il s’agit non seulement
d’une règle d’équité fiscale, mai surtout d’une nécessité, l’occasion et
l’urgence commandant de mettre un terme à une fiscalité qui a tout simplement
dégénéré au point de répandre ses métastases dans tout le corps économique et
social, ruinant littéralement son efficacité et privilégiant des intérêts
particuliers au détriment du bien commun.
Comme le disait le juriste
Georges Burdeau, << Une addition
d’intérêts particuliers ne donnera jamais pour somme l’intérêt général et, à
plus forte raison, la réussite des formations les plus puissantes ne saurait
garantir que l’intérêt de tous sera sauvegardé. Cette tâche, c’est à l’État
qu’elle incombe. >>
Mais il faut un moteur à cet
Etat. En l’occurrence quelqu’un qui n’a pas froid aux yeux, qui n’est
prisonnier d’aucune allégeance, d’aucun clientélisme politique, économique,
social, quelqu’un qui n’hésitera pas à prendre les mesures qui seront toujours
impopulaires ou mal reçues lorsqu’elles heurtent les intérêts égoïstes.
Moi.
Comme l’expliquait récemment
Henri Sterdyniak (OFCE), que je cite ici, on sait depuis longtemps qu’il existe
beaucoup de niches auxquelles le gouvernement ne veut pas toucher pour des
raisons électorales. Or, on voit désormais –
ce que l’on sait depuis longtemps
- c’est moi qui rajoute, qu’il y a 50 milliards de marges qui sont désormais
pointés du doigt.
Peut-on supprimer ces niches d’un
coup ? demande H. Sterdyniak.
Ce rapport de Bercy, dit-il, est discutable
car sa tendance est de dire que toutes les niches fiscales favorables aux
entreprises sont positives car elles apportent de l’emploi et favorisent
l’investissement, et qu’en revanche celles qui aident les ménages, les
retraités et les familles sont jugées inefficaces. Pourtant il paraît difficile
que le gouvernement s’attaque à ces dernières surtout à quelques mois des
élections. Par exemple, Nicolas Sarkozy s’était engagé à ne pas diminuer le
pouvoir d’achat des retraités. De même, il semble improbable de rendre
imposables les prestations familiales. C’est un rapport technocratique dont le
ministre s’est désolidarisé.
Ce rapport restera-t-il alors
dans les tiroirs ?
Il y a deux tactiques possibles
vis-à-vis des niches fiscales :
- La première, celle du
gouvernement, vise à raboter un tout petit peu les niches chaque année.
- La deuxième consiste à repartir
à zéro, à supprimer la totalité des niches d’un seul coup en baissant les taux
d’imposition de manière à avoir un système beaucoup plus simple et progressif
et noyer toutes les protestations catégorielles dans une vaste réforme. Si on
ne procède pas à une telle démarche, on ne sortira jamais d’un système vraiment
absurde qui dépend des lobbies. En fait, c’est un débat pour l’élection présidentielle.
Ma proposition est très simple : je suis pour la suppression de la
totalité des niches fiscales d’un seul coup en baissant les taux d’imposition
de manière à instaurer un système beaucoup plus simple et progressif et noyer
ainsi toutes les protestations catégorielles dans une vaste réforme immédiate,
par décret, dans les quinze jours du changement de pouvoir.
Une nuance, cependant : la
fiscalité est l’instrument des recettes de la Puissance Publique,
mais aussi un instrument d’orientation économique qui a forcement un coût.
Que certaines niches sociales ou
fiscales soient obsolètes, inutiles et peu efficaces relève de l’évidence.
Il me semble toutefois que la
suppression des aides fiscales au travail à domicile ou la remise en question
de la TVA à 5,5%
sur les travaux à domicile pourrait bien favoriser le retour ou le
développement du travail au noir ou de l’économie grise.
Au-delà du supposé coup de rabot
économique, la suppression des niches fiscales et sociales devra malgré tout commencer
par une mesure plus que symbolique constituée par la diminution d’une partie
des salaires et avantages de nos ministres, députés et président de la
république.
L’idée directrice est fort simple
: la République
étant généreuse avec ceux qui la servent utilement, elle saura rétribuer chacun
dans une mesure appropriée à l’importance de la fonction et du mandat électoral
qui sera rempli, lequel ne sera pas renouvelable plus d’une fois, ne sera pas
cumulable avec un autre mandat et ne saura en aucun cas constituer une mesure
d’enrichissement sur fonds publics, ce qui supposera préalablement et
obligatoirement la publication d’un état de fortune du candidat et de ses
collatéraux ou alliés directs.
L’opération d’assainissement des
niches fiscales, sociales et des dépenses publiques excessives ou inutiles
continuera par la suppression d’institutions parasites telles que :
- les conseils généraux ou
régionaux (mille-feuilles régional).
- le sénat.
- un député sur trois,
l’assemblée nationale et le parlement européen ne devant plus faire qu’un.
- les retraites spécifiques des
députés qui rejoindront alors le régime commun des retraites.
- les parachutes dorés servis aux
députés non réélus.
- les voitures de fonction, à
l’exception de certains élus (présidence de la république) ou hauts
représentants officiels (Premier ministre), la plupart disposant de
suffisamment de revenus pour utiliser leurs véhicules personnels.
- les subventions aux
associations dont les cotisations des adhérents ne couvrent pas
90% de leur budget.
- les subventions aux syndicats,
sauf à ce qu’ils offrent une transparence de leurs comptes. Il leur incombera d’établir leur budget avec les cotisations de
leurs adhérents, sachant qu’il leur appartiendra d’être crédibles et inventifs
pour recueillir un nombre suffisant d’adhérents.
- les subventions accordées aux
partis politiques dont les financements seront limités dans une enveloppe
identique, allocation publique et officielle dont les dépenses et affectations
seront contrôlées pour chacun d’entre eux avec responsabilité pénale et civile
de leurs administrateurs et dirigeants en cas de fraude.