« S’il n’y a rien d’autre, autant mourir ! Puisque nous ne sommes que du néant... et les athés qui font des enfants sont des criminels (c’est déjà une notion religieuse...) puisque ce sont des condamnés en sursis à la naissance... ! Aussi je ne crois pas qu’on puisse être vraiment athé ! Sans quoi, on se suiciderait aussitôt ! »
Tout est dit. C’est bel et bien la différence entre croyants (certains croyants) et athées : les croyants ont besoin d’autre chose que de leur vie mortelle pour vivre, pour supporter la vie, ils ne peuvent accepter la mort, la réalité. Les athées voient le réel en face, l’insignifiance de tout. Ce qui ne les empêche pas de vivre. Votre incapacité à affronter le réel explique bien la virulence de vos propos. Et donc je me résouds à votre virulence : car je comprends que vos croyances sont vitales pour vous. Sans elles, vous ne voyez d’issue que dans le suicide... Donc je ne me permettrai pas de vous convaincre davantage. Si la croyance religieuse vous est vitale, croyez. Sachez néanmoins que les vrais athées existent (qui vivent sans la moindre croyance surnaturelle, avec l’acceptation, certes difficile, de la mort).
Nietzsche a tout dit en la matière... A-t-on la force, oui ou non, d’accepter la vie, avec toute la part de négativité, de souffrance, de tragique qu’elle comporte ? Les croyances en des arrières-mondes manifestent une incapacité radicale à accepter le monde (avec sa terrible noirceur). On ne peut en vouloir à personne de n’avoir pas cette force (quasi surhumaine) que vantait le philosophe allemand, ce grand Oui à l’existence tragique.