« Vraissemblablement en tant qu’athé vous focalisez ! »
Pas vraiment, je vous assure.
« Ne pas croire au surnaturel n’est pas plus noble que d’y croire ! »
Je n’ai jamais dit le contraire.
« Ou alors dites moi ce qu’est la Matière, d’où vient elle ? Et le Temps ? Comment tout cela est sorti du néant ? »
Comment voulez-vous que je vous réponde. Même les hommes les plus savants ne le savent pas encore. Lancez-vous dans des études d’astrophysique, et peut-être vous approcherez-vous de ces réponses précises. Voici ce qui nous distingue : moi, je reconnais que je ne sais pas répondre à ces questions, et je me tiens à mon ignorance. Vous, vous n’en savez pas plus que moi, mais vous ne supportez pas de ne pas savoir, alors vous croyez (à je ne sais quoi au juste, qui se baserait sur une Révélation d’un être appelé « Dieu » - notions très obscures et même inintelligibles pour moi). Je n’ai pas honte de dire : Je ne sais pas. Quelle présomption que de prétendre savoir tout sur tout ! avec si peu de recherches !
« Mais l’âme en soit a quelque chose de surnaturel ! »
Je ne crois pas, et les scientifiques non plus ne le croient pas, en général. Une activité neuronale, ce n’est pas surnaturel. Mais, je le conçois, c’est extrêmement complexe, quasi impossible à se représenter.
« Je dis simplement qu’ils ne se sont pas posés plus de question que ça ! »
Attention : c’est précisément ce que disent beaucoup d’athées au sujet des croyants : ils n’ont jamais vraiment réfléchi aux grandes questions... Si les uns et les autres se méprisent à ce point, on n’avancera jamais.
« Car alors leur vie ne vaut rien, pas question de faire des enfants pour nourrir les vers par exemple, et rien de ce qu’ils font n’a d’intéret à ce moment-là ! »
Votre perplexité n’est pas nouvelle et est très compréhensible. Beaucoup se sont lamentés sur la vanité de notre vie. Certains s’y résolvent, d’autres non (et croient à autre chose, qui donne sens à leur vie). Rien n’a d’intérêt dans l’absolu, puisque tout finit par être détruit (jusqu’à notre soleil dans 5 milliards d’années, nous disent les astrophysiciens). Tout intérêt est relatif à notre désir de vivre, qui ne repose sur rien d’autre que lui-même (cf. Spinoza).
« Pourquoi auraient-ils des opinions sur une moralité quelconque ? Ca n’a aucun sens ! »
Là, on croit entendre les chrétiens intolérants et persécuteurs des siècles passés, qui contestaient aux incroyants la possibilité pour eux d’avoir une morale. On en est heureusement sorti. Les athées, par leurs existences mêmes, montrent qu’ils ont autant de morale que les croyants. Morale et croyance peuvent être absolument distincts, indépendants.
On ne s’éloigne pas tant que ça du sujet de l’article. Le désarroi face à la vacuité de nos vies explique bien la force avec laquelle certains hommes s’accrochent à des croyances rassurantes.