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Commentaire de Marcus Clams

sur Crise de la dette, diagnostique et perspectives


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Marcus Clams Marcus Clams 28 octobre 2011 10:03

* On a pas le sentiment que la Suède soit très en retard socialement sur la France.

Curieux que vous preniez la Suède comme exemple. Le taux de prélèvement est supérieure à la France (46 % contre 42 %).

Ensuite la Suède n’est pas dans l’Euro. Elle dévalue sa monnaie pour être compétitive, elle tire sa croissance des exportations (nous, c’est de la consommation interne).


* La gauche semble absolument incapable d’envisager que l’on puisse faire aussi bien en dépensant moins.

(Je pars de l’hypothèse que dans cette phrase vous considériez à salaire constant => pas de baisse de salaire.) .

Cela s’appelle des gains de productivité. Ils sont liés à l’arrivée de nouvelles technologies, une optimisation d’organisation, ou une meilleure adéquation du personnel (formation). C’est le rôle de la hiérarchie, mais aussi du personnel, de réfléchir en permanence sur comment améliorer l’efficacité. J’imagine que cela se passe ainsi (sinon on ne serait pas la cinquième puissance mondiale). Dire que la gauche refuse les gains de productivités, j’avoue que j’ai du mal à comprendre (la gauche est productiviste, parfois même un peu trop à mon goût). D’où le discours « investir dans les nouvelles technologies ». Je me demande d’où vous tenez cette information.

Après il y a la chasse au gaspillage, il y a certainement des abus (le budget de l’Elysée qui explose, Giscard qui reçoit toujours son salaire de président + un chauffeur et un cuisinier, les conditions de retraite des députés, … voir le détail de la cour des comptes). Il faut bien sûr lutter contre les gaspillages, c’est important pour une question du justice sociale, ce n’est pas suffisant pour réduire complètement les déficits.


* La cagnotte Jospin, c’était quand même que le déficit 99 n’était « que » le second d’europe en % du PIB grace à une conjoncture internationale particulièrement favorable depuis 97

C’est curieux, quand la gauche est au pouvoir la conjoncture est favorable, quand c’est la droite c’est l’inverse. Comme il est impossible de refaire l’histoire, on ne peut savoir. De mémoire je rappellerais la crise asiatique, la guerre sur le continent européen (yougoslavie), la gestion des pays de l’Est, le passage à l’euro, l’éclatement de la bulle internet (qui restera certainement dans l’histoire comme le début de la fin de la domination de l’occident). Moi j’aurais tendance à dire que la confiance est revenu (notamment sur les retraites), et quand les gens ont confiance, ils consomment plus qu’ils n’épargnent (ce qui relance la croissance).


* Il s’est dépêché de "dépenser ce moindre trou"

Je revois encore ces affiches RPR placardées partout, de mémoire : « La cagnotte Jospin, c’est votre argent, halte au vol ! ». Le ministre des finances de l’époque avait essayé d’expliquer que c’était ridicule de parler de cagnotte quand on a un déficit de 40 % du PIB. Après une campagne contre lui de l’opposition, sa popularité est nettement affectée. Il était donc politiquement très difficile pour Jospin de ne pas redistribuer cette soit disant cagnotte. Mais bon, si dans 3 ans on a une « cagnotte hollande », l’opposition réagira peut-être différemment. Il faut bien voir que la maitrise budgétaire n’est pas très naturelle pour la droite, la proximité des élites de droite avec les élites économiques pousse les gouvernements de droite à limiter la pression fiscale, et à faire en sorte que l’Etat passe les plus gros contrats possibles avec ces entreprises privées. Mais il n’est jamais trop tard, c’est bien que depuis 9 mois la réduction des déficits soit devenu importante pour le gouvernement, malheureusement c’est réalisé sans justice sociale, et avec des risques déflationnistes pour l’économie.



* Du reste, comme le signal un de vos confrère sur un autre article, cette politique à permis en pleine croissance d’arriver au même taux de chômage qu’aujourd’hui en pleine crise avec Sarko.....

Pour comparer il faut regarder le % de personnes qui travaillent. Quand le chômage baisse des personnes qui n’étaient pas inscrites au chômage vont s’inscrire car les perspectives s’améliorent, et inversement.

Ensuite à cette époque il y avait bien plus de nouveaux arrivant sur le marché du travail que de départs en retraite. Aujourd’hui c’est l’inverse (c’est dire combien d’emplois sont détruits !).

Enfin, je pense qu’on ne peut pas traiter le gouvernement d’incompétent. Il me semble que son objectif est de conserver un chômage important (c’est sur ce point qu’il est condamnable). Le passage de la génération du babyboom à la retraite hante le MEDEF depuis longtemps : le danger d’avoir une tension trop forte sur le marché du travail (donc hausse de salaire + inflation). L’objectif est donc de rester bien au dessus du NAIRU français, je dirais entre entre 2.5 et 3 millions de chômeurs (le chômage est le régulateur de l’inflation du système actuel). C’est d’ailleurs à mes yeux la principale justification du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.


* En revanche vous retombez dans le n’importe quoi en évoquant une baisse de 50% quand nous avons besoin sans doute à tout casser d’une augmentation de l’efficacité de la dépense publique de 5% pour rétablir les comptes et commencer à payer nos dettes.

Les traitements et salaires pèsent environ 30% dans le budget de l’Etat (ce qui veut quand même dire au passage qu’environ 70 % du budget est transféré au secteur privé via des commandes de l’Etat, d’où la rentrée en récession quand le budget de l’Etat est trop fortement réduit, donc augmentation de la dette, cf Grèce). Comme le déficit est calculé par rapport au PIB en non par rapport au budget de l’Etat (encore une belle imposture), soit 30 * 0.42 = 12.5 % du PIB. Donc pour gagner 5% de déficit de PIB, il faut passer de 12.5 à 7.5 soit 40% de réduction (j’avais marqué 50 %). Ainsi, si on supprime 40 % des fonctionnaires, on peut réduire de 5% le déficit (en supposant qu’ils ne participaient pas à la richesse du pays, hypothèse assez injurieuse quand même). En ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux il faudra environ 30 ans pour réduire de 40 % le nombre de fonctionnaire. Soit 2042 pour le retour à l’équilibre, qui est normalement prévu pour 2015. C’est pour cette raison que je trouve votre position assez utopique.

L’objectif c’est de réduire les déficits, sans réduire la croissance (cf l’article)



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