Le consensus n’est autorisé ni sur l’offre ni sur la demande sans quoi ce n’est plus le marché. En fait, par nature, la demande n’autorise pas le consensus parce qu’il n’est tout simplement pas possible de trouver de solution unique ou définitive aux problèmes des humains. Impossible par conséquent de faire rire tout le monde avec la même blague ou de captiver toute la planète avec un même roman. Il est en revanche facile pour les acteurs économiques de s’accorder sur l’offre. Mais c’est évidemment aux dépens des consommateurs et cela est proscrit dans le cadre d’un marché libre. L’intérêt du marché est de ne jamais chercher le consensus mais au contraire de tirer avantage de la grandes variétés des attentes humaines. C’est d’ailleurs l’une des principale raison qui font que les libéraux s’opposent à l’idée d’un état providence car celui-ci ne peut par définition apporter à nos problèmes que des solutions uniques. Le marché quant à lui apporte une multitude de solutions et c’est ensuite par le libre jeu des acteurs économiques que la valeurs des solutions en question se déterminera.
Alors comment naît cette valeur ? Vous connaissez comme moi la loi de l’offre et de la demande. Cette valeur varie en fonction du rapport entre l’offre et la demande. Plus grande est l’offre par rapport à la demande plus faible est la valeur des marchandises. Dans mon exemple précédent, la demande pour mon livre est plus faible que pour le vôtre et forcément, cela ne nous rapportera pas à l’un et à l’autre la même chose. Mais si je n’avais fait éditer mon livre qu’à un exemplaire et que j’étais parvenu à en faire une oeuvre d’art, alors peut-être que celle-ci aurait pu un jour s’échanger chez les collectionneurs aussi chère qu’un Rothko et me rendre peut-être plus riche que vous. Pourquoi ? Parce qu’il n’y aurait qu’un seul livre (une offre très faible) face à une demande cette fois bien plus importante.
Vous voyez, cet « accord » que vous voyez se dessiner entre les acteurs économiques sur le demande est loin de pouvoir suffire à définir la valeur des choses.