@ Michel Maugis.
Ben
dites-donc !!!
Très vintage Agoravox ces temps-ci...
Votre plaidoyer véhément fleure bon
la guerre froide. On dirait un éditorial d’André Wurmser sur les procès
de Prague 1952, ou d’Étienne Fajon, dans l’Huma, sur l’insurrection
de Budapest en 56 :
D’accord, Marcopolo est un troll
facho qui pond sur tous les fora son copié-collé imbécile et
diffamant retrouvé dans les caves moisies de Radio-Free Europe,
et j’entends bien que la meilleure défense soit l’attaque, mais là
vous poussez quand-même le bouchon un peu loin.
C’est sûr qu’en mettant au crédit du
communisme les centaines de millions de morts qui n’ont pas eu
lieu, vous rétablissez à peu de frais la macabre balance
comptable, mais la méthode s’inspire davantage d’une homélie papale
sur l’infinie bonté de Notre Seigneur, et sur ses voies
impénétrables, que sur l’analyse marxiste (si
vous y tenez) des causes réelles de l’Inquisition.
Je
trouve que vous développez un assez beau raisonnement de théologie
négative en proclamant que la meilleure preuve que le communisme n’a
pas échoué, c’est qu’il existe toujours... des anticommunistes !
Que
voulez-vous répondre à ça ?
Dans
cet esprit-là bien sûr, vous avez raison, LE COMMUNISME
N’A PAS ÉCHOUÉ, et vos
majuscules sont de rigueur pour proclamer la Bonne Nouvelle, comme
l’apôtre Paul en son temps :
Puisqu’il
va sans dire que Dieu est éternel et immortel. C’est même sa
définition première.
« Pur
esprit, éternel, incréé, infiniment parfait, créateur et maître
de toutes choses. » ai-je
appris au catéchisme, il y a bien longtemps...
A mon
avis vous devez être un sectateur d’Alain Badiou, lui-même grand
admirateur de Paul de Tharse.
Mais
enfin, même en prenant en compte la propension du peuple russe
envers le mysticisme, je ne suis pas persuadé qu’il vous approuve
pleinement.
Avoir
subi la Guerre Civile, la collectivisation, la Grande Terreur, la
famine en Ukraine, le Goulag, gagné la seconde guerre mondiale au
prix de 20 millions de morts, pour, au bout de la route, voir une
bande de maffieux, tous
issus du Glorieux
Parti de Lénine et de Staline,
se partager, dans un combat de hyènes, le fruit de 70 ans de ces
terribles souffrances ; ce au prix d’un retour à la plus affreuse
misère et à un recul de près de dix ans de l’espérance de vie du
citoyen ordinaire, puis, finalement, de guerre lasse, se résigner
comme à un moindre mal, au retour, sous la mâle et virile apparence
de Vladimir Poutine, au pouvoir absolu d’un KGB devenu milliardaire
entre-temps, doit, a mon avis, le rendre un peu réticent à
spontanément accepter votre raisonnement.
Dont
je ne conteste pas le caractère séduisant, ayant toujours eu du
goût pour les paradoxes.
J’ai
un ami, ML
(Marxiste-Léniniste) de toujours, qui tient mordicus à ce que la
Chine actuelle, avec ses milliardaires, sa terrifiante pollution, le
régime féroce d’exploitation de ses quatre cent millions de
prolétaires sans droits, son Laogail
toujours là, et ses deux cent millions de mingongs,
puisque dirigée par un parti communiste, soit l’avant-garde actuelle
du socialisme international...
Pourquoi
pas ?
Il est
certain que si l’on classe le sanglier dans la catégorie : poisson de
nos rivières, on a moins de mal à jeuner le Vendredi saint...
Quant
à Cuba « sanctuaire éthique de l’humanité »...
Atterrissez mon vieux...
Ce
pays, par ailleurs étranglé par l’impérialisme US, et dont je vous
concède volontiers que le régime politique supporte largement la
comparaison avec Haïti, le Nicaragua, le Honduras ou même le
Mexique ―
plus de 50 000 morts en moins de dix ans, quand-même, suite à la
guerre des narcos !―
sur le plan des sacro-saints Droits de l’Homme,
au sens très plastique que lui donne dame Hillary Clinton, il n’a
mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité.
Là-bas
aussi le communisme, enfin ce communisme-là ! A échoué.
Comme
partout.
De
toutes parts sourdent des voix sous les décombres, promettant sa
résurrection prochaine, un communisme 2.0 libéré de ses vieux
démons... Moi je veux bien.
Mais
dans la mesure où l’autopsie du premier n’a jamais été faite,
j’entends par les révolutionnaires, je reste quand-même très
réservé devant ces sublimes perspectives.
En
attendant, on milite pour Mélenchon...
Fautes
de grives...
C’est
moins grandiose et beaucoup moins héroïque, certes, mais, me
semble-t-il davantage, dans nos maigres moyens...