Réponse à gogoRat sur l’abstention.
Cela fait longtemps que je pense que s’abstenir c’est, sauf cas particulier, donner une voix à ses ennemis, disons, à ses adversaires. Car le fait d’imaginer que quelqu’un qui a le pouvoir, en particulier s’il cumule les pouvoirs législatif et exécutif, va tenir compte du fait qu’il a été élu avec un petit nombre de votants pour écouter davantage les citoyens me semble une très grosse erreur.
En suivant ce raisonnement, les dictateurs, qui ne sont soutenus que par les factions qui les ont mis au pouvoir, donc un tout petit nombre de personnes, devraient être à l’écoute du peuple qu’ils dominent ? C’est le contraire, bien sûr : moins un pouvoir est légitime, plus il trouve sa légitimité et défend sa place, par l’aliénation du peuple et l’abus de pouvoir.
Notre Président, qui dépasse rarement, me semble-t-il, depuis des mois, les 30% d’opinions favorables, a-t-il pour autant décidé de s’inquiéter des causes de l’exaspération de la population ?
Et Jacques Chirac, dont tout le monde sait que le score présidentiel ne venait que d’un vote délibérément anti-Le Pen, a-t-il tenu compte, dans sa façon de gouverner, du fait qu’il avait été élu, aussi, par la gauche ?
Mais non, il faut être naïf pour penser que ces personnes comprennent autre chose que les rapports de force.
Le rapport de force contre les candidats dont on ne veut pas, c’est de voter contre eux, pas de ne pas voter.
Car ceux qui vont voter pour eux, savent bien qu’ils vont leur donner le pouvoir. Et le pouvoir, ce n’est pas un rêve, ce n’est pas un fantasme, ce n’est même pas une idée : c’est une réalité.
Si le Traité de stabilité est voté définitivement, et que l’on doit, soit s’endetter encore plus pour aider des pays en difficulté, soit s’endetter aussi parce qu’on nous prètera de l’argent, mais en acceptant en plus des plans d’appauvrissement de la population et de destruction des services publics comme les grecs le vivent en ce moment, on pourra sentir, dans notre quotidien et celui de nos enfants, ce que s’est que de se dessaisir de la souveraineté du peuple, et de confier le pouvoir à des gens qui se fichent de notre avenir.