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Commentaire de henry_jacques

sur La France a dit non... à l'extrême droite


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henry_jacques henry_jacques 8 mai 2012 12:13

Radiographie d’une pathologie : le socialisme

L’identification de la gauche au mitterrandisme est le chemin assuré de son déclin, celui sur lequel s’avance la longue liste des déceptions devenues rancœurs, des désespoirs livrés aux haines de l’extrême droite. Une politique se juge à son héritage.

Que valent les rhétoriques socialistes devant l’accroissement du chômage, la montée des exclusions, le poids de l’extrême droite, les nationalismes exacerbés, le retour des guerres ?

Que valent ces rhétoriques devant la misère du Sud et l’insolence du Nord ?

Quel est le legs du mitterrandisme sinon un profond désarroi dans un monde en désordre ?

 

De Mai 68, on en retient le célèbre slogan « Il est interdit d’interdire ». Erreur ! On a oublié que sous l’apparence libertaire, Mai 68 fut une révolution ouvriériste menée en coulisse par un PS marxiste à l’indépassable horizon de cette gauche française. C’est dans ce contexte idéologique qu’en 1972 fut rédigé le fameux programme commun de la gauche. Cette langue marxiste qu’avec un cynisme certain, Mitterand entreprit de parler avec l’arrière pensée d’imiter De Gaulle de 1945. La stratégie de Mitterand était claire : ne pas laisser d’espace au Parti communiste, malgré des discours truffés de références à Jaurès et à Blum. Il voulait recréer le schéma gaulliste des nationalisations et de la Sécurité Sociale de 1945. Le dirigisme associé au keynésianisme devenaient ainsi les deux mamelles de la gauche des années 1970.

 

Mais le contexte international avait changé, et les socialistes n’en avaient pas tenu compte. L’abandon de l’étalon or par les Américains en 1971,avait sonné le glas de la stabilité monétaire d’après guerre. Avec l’arrivée de Margaret Thatcher en 1979 et Reagan en 1980, ils liquidèrent le pouvoir syndical et les industries. C’était le début chaotique de la mondialisation. La politique économique de la gauche s’avéra une catastrophe…

 

Mitterand dissimule alors sa défaite en changeant de camp (mais n’était-il pas un spécialiste du vent portant ?) A partir de 1984, l’antiracisme devient l’idéologie phare du parti, le lepénisme son unique ennemi. Toutes les minorités sexuelles et ethniques sont sublimées. Le multiculturalisme détruit l’assimilation, le sociétal remplace le social. Mitterand dépolitise à tout va. C’est l’époque de la fameuse « ouverture », du « ni-ni ».

Les socialistes ont une grande pratique de cette schizophrénie entre idéologie et pratique du pouvoir. Entre discours marxiste et « gestion loyale du capitalisme », ils ont connu les conflits entre Jaurès et Jules Guesde, Guy Mollet et Blum, Mitterand et Rocard. Mais cette fois, la possibilité du choix entre l’Etat et le marché leur échappe. Ils approuvent à Bruxelles les décisions qu’ils dénoncent à Paris (comme le fera plus tard l’autre François, le ‘’marshmallow’’). Privé de boussole intellectuelle, le PS devient l’otage des lobbys sociétaux, antiracistes, féministes et homosexuels.

 

Le coût électoral est terrible. Les classes populaires quittent en masse le navire de gauche. En 2002, Jospin paiera le prix fort. En 2005, lors du référendum sur la Constitution européenne, les socialistes se déchirent entre ceux qui veulent sauver l’Europe du naufrage et ceux qui préfèrent jeter avec l’eau du bain ce bébé qui les a roulés dans la farine. François Hollande en Guy Mollet ‘’moderne’’, fait avaler à tous la potion indigeste…

 

Les socialistes sont les aveugles de la fable... Dotés de nombreux jokers, c’est l’apparition de Bécassine. Ségolène Royal se distingue en jetant par dessus bord le politiquement correct. C’est le retour de l’ordre, du travail, ‘’famille et Poitou’’. La France populaire des provinces y voit la nouvelle Jeanne d’Arc…Elle l’acclame et l’impose. Les apparatchiks du PS suivent le mouvement en mettant un mouchoir sur leur mépris.

Mais la nullité et la vraie nature de Ségolène apparaissent rapidement. Claude Allègre dans son livre ‘’L’école 10+1 questions’’, publié en 2007 chez Michalon, en fait des révélations sur cette face cachée de Ségolène Royal 

Morceaux choisis :

« Je n’ai pas mesuré l’hypertrophie formidable de l’égo de cette femme »

« Une femme dévorée d’ambition…Hautaine et distante…son moteur principal était la politique, les médias et ce que l’on disait d’elle »

« Elle n’a pas de structuration politique construite… et ne s’en soucie nullement »

 

L’ancien ministre Claude Allègre conclura par ces mots pour le moins lourds de sens « Mon sentiment dominant est l’inquiétude »

 

Les gaffes de Ségolène, caricaturée en Bécassine effraient les notables socialistes. Ils la reprennent en mains, tentent de faire monter son niveau intellectuel avec l’académicien Erik Orsena. La peine fut perdue… On connaît à ce jour la destinée de la ‘’Madone du Poitou’’.

Les socialistes n’en finissent pas de payer leur cynismes des années 80, l’œuvre de dépolitisation du ‘’mythe errant’’, et leurs impasses idéologiques. Ils craignent que la ‘’Du Poitou’’ dont le plus gros défaut, son compagnon, se révèle le symptôme plus que la solution de leur perpétuelle crise existentielle.


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