@ Logan,
Réfléchis un instant. Tu apportes toi même la contradiction à ton
propos. Tu dis qu’on ne peut pas défendre les droits sociaux la hausse des
salaires sans mettre fin au libre échange. Mais est-ce que le FN défend les
droits sociaux ou la hausse des salaires ???
Bien entendu que le FN tend à défendre les droits sociaux (ceux des
français en priorité), mais également la hausse des salaires, notamment ceux inférieur
à 1,4 fois le Smic. Remarquez que ce n’est pas exactement ce que l’on peut
qualifier de politique pour les plus favorisés, ne vous en déplaise !
Ensuite réfléchissez un instant : dans l’absolu – sachant que l’un
n’ira pas sans l’autre - mieux vaut-il mettre fin au libre-échange (le réguler
pour faire face à une concurrence distordue) par le biais d’écluses
stratégiques, pour ensuite, le cas échéant, faire une politique de relance des
salaires et conséquemment de la demande intérieure ; que de prétendre
vouloir relancer les salaires sans mettre en place la condition sine qua non
qui en est le préalable absolument nécessaire : le protectionnisme par
la réinstauration de barrières douanières aux frontières ? Votre position est
aberrant d’un simple point de vue logique.
C’est typiquement la même inversion des causalités qui vous poussent à
croire qu’en régulant massivement les clandestins vous pousserez les patrons à
augmenter les salaires. C’est ne strictement rien comprendre des rapports de
force socio-économiques, et se refuser d’agir surtout sur les contraintes
structurelles qui fondent, par la rationalité même du jeu économique, à user
toujours plus d’une manne humaine corvéable à merci. Car sachez-le bien :
régulariser aujourd’hui équivaut d’évidence à un appel d’air pour demain, et
c’est le serpent qui se mord la queue car de nouveau il vous faudra alors régulariser
les nouveaux entrants arrivés illégalement sur notre sol et ainsi de suite.
Jusqu’où ? Et bien jusqu’à la faillite totale de notre système et modèle social.
Vous voyez comment, croyant partir de pseudo-bonnes intentions
humanistes, vous réalisez exactement ce que vous redoutiez le plus. Ce qu’il
faut, c’est arrêter d’écoper d’un côté ce qui continue de rentrer à flots
ininterrompus de l’autre. C’est cesser d’agiter le miroir aux alouettes en
dissuadant matériellement les immigrés de venir sur notre sol. C’est détendre
le marché du travail, condition ad-hoc permettant le reflux d’un chômage devenu
endémique à partir du début des années 80, aggravé justement par des flux
migratoires trop importants et qui concordent totalement avec cette séquence
historique récente. Servant incroyablement au passage les intérêts du grand
patronat français.
Dans cette histoire les bonnes de conscience de gauche sont les idiots
utiles du Capital, ses alliés objectifs, ses cautions morales à buts
économiques.
Ils sont dans une logique nationaliste. C’est à dire que leur
protectionnisme reste dans la logique de la concurrence entre les pays. Ils ne
remettent donc pas en cause le libre échange vraiment.
Il est évident que le programme de Marine Le Pen remet en cause le
libre-échange. Le libre-échange dissymétrique, imposant une concurrence
déloyale que notre appareil productif et sa compétitivité intrinsèques sont
incapables de soutenir.
Quand à supprimer la concurrence, vous rêvez éveillé mon cher.
Et l’on comprend instantanément que votre idéalisme n’a pas de prise sur
le réel, et est porteur de graves dangers pour l’avenir, celui de la France et
de son peuple en l’occurrence. Croyez-vous naïvement vous affranchir des
rapports de force géopolitiques ? Des sentiments d’appartenance
identitaires, culturels et nationaux ? Des idéologies diverses et variées,
des croyances religieuses, qui sont un des moteurs de l’histoire, au même titre - sinon infiniment plus - que la lutte des classes et la matérialisme
historique ? Ridicule, et tellement réducteur. Mais non surprenant.
Tant que nous resterons dans une logique de concurrence, où le but
ultime de chaque pays consisterait à essayer d’obtenir le plus de parts de
marché possible chez les autres, on restera dans cette logique où il faut
absolument être compétitif par rapport aux autres pays, et donc baisser les
salaires, réduire les impôts ( et donc les services publics et les protections
sociales ), et faire peu cas de l’écologie.
Objection très facile à balayer : votre vision fantasmatique est
hautement improbable dans la mesure où elle dépendrait intégralement
de la volonté propre d’acteurs mondiaux innombrables aux intérêts divergents
sinon antagonistes. Vos solutions illusoires sont donc de facto caduques. Il
serait temps de réfléchir à revisiter votre imaginaire, en vous ancrant dans le
réel par exemple, non dans de vulgaires chimères idéologiques…
Quant à l’écologie, sur les GES le programme du FdG est un pur contre-sens. Un de plus...
Cette logique là ne peut que nous tirer tous par le bas et servir les
intérêts des financiers et des capitalistes.
Cette logique nationale et souverainiste, nullement contradictoire avec
une certaine planification (et pour cause), a fait la démonstration de sa
réalité et son efficience sous l’ère d’un de Gaulle par exemple. Alors que le
communisme auquel vous vous référez n’a jamais été responsable que de désastres
socio-économiques sans nom et, tout à fait accessoirement, de la mort de près
de 100 millions de civils. On ne connaît pas d’ailleurs beaucoup d’allemands de
l’Est qui ont fui vers l’ouest à la chute du mur de Berlin… !
La sortie de l’Euro ne participe aucunement à l’anti libéralisme,
l’euro n’est pas en lui-même libéral, une monnaie commune au contraire met en
place une logique de solidarité qui est plutôt contraire à la logique libérale.
Abstenez-vous à l’avenir : c’est parce qu’il
n’y a pas de mécanismes de solidarité d’une ampleur suffisante que la zone euro
est en train de sombrer. Preuve est faite que l’on a mis la charrue avant les
bœufs.
Et je vais vous dire : l’Euro est foutu car il n’y aura jamais de
mécanismes de compensation suffisants, c’est à dire de transferts de fonds massifs
inter-étatiques (ou alors au prix d’une dictature technocratique type URSS), cela pour la raison que l’Union européenne NE PEUT être
envisagé sous la forme d’un Etat-nation cohérent calqué sur celui des
États-Unis d’Amérique, et cela quand bien même serait-il fédéral.
Voulez-vous savoir
pourquoi : a contrario de ces derniers, IL N’Y A PAS de peuple européen, mais
DES peuples en Europe.
Désolé de vous l’apprendre et de tuer vos rêves, mais
Mélenchon vous a menti depuis des années car lui-même, pollué par ses
abstractions fantaisistes ès-loges-qualités, a cru follement à une nation
européenne, instrumentalisé en sous-main par des intérêts capitalistiques très
puissants. C’est un couillon. Et à présent la réalité lui revient dans la face tel un boomerang.
Malheureusement aussi dans la notre.
Ce sont les politiques monétaires qui sont donc libérales. Et en sortant
de l’euro, est ce que le FN propose aussi de remettre en cause ces politiques
monétaires libérales ? Bien sur que non ... Encore du nationalisme que
vous prenez à tort pour de l’anti libéralisme.
Le Front national veut faire à peu près l’inverse de ce que promeut
l’école monétariste néolibérale. Si pour vous ce n’est pas de
l’antilibéralisme, je ne peux rien y faire.
Informez-vous !
La circulation des personnes n’a rien avoir avec le libéralisme
économique.
Doctrinalement, vous en êtes sûr ? N’est-ce pas le libéralisme qui a
déployé un discours légitimant le recours aux immigrés pour pallier les pseudo
pénuries de main d’œuvre ? En terme marxiste (en période de chômage
structurel) : l’Armée de réserve du Capital. Ils sont beaux nos révolutionnaires !
Ecoutez, lisez les auteurs libéraux qui ont patiemment théorisé le libre-échange,
la réduction puis l’effacement des barrières douanières, lutté contre le
protectionnisme, la monétisation etc… et ensuite on en reparlera. Car vous êtes
à la rue là.
Vous devriez savoir pourtant que le libre-échangisme est un triptyque
parfait : liberté d’établissement des capitaux, des marchandises (et
services), et des… travailleurs !