Je préfère préciser que je ne partage pas cette idée qu’on serait tous seuls et que les autres seraient des martiens dont on ne peut rien percevoir et avec qui on ne peut rien partager, bien que je ne sache pas si cela en vaut la peine.
Il ne s’agit pas du tout « d’assimiler les structures mentales » de gens d’un autre âge, « d’une autre civilisation »... Il s’agit de ressentir et comprendre au mieux ce qui en fait des êtres de notre communauté humaine et de reconnaître la difficulté de leur existence, et d’y compatir.
Je suis profondément hegelien. En quelques mots : notre présence au monde est faite de trois fils : l’universalité, qui appartient à tout le monde (aux 4 coins de la Terre et à toutes les époques, aux hommes de la Préhistoire aussi) ; la particularité qui distinguent les groupes, en premier sans doute, les femmes et les hommes, mais l’époque, le pays, la religion, le fait d’aimer le sport ou les échecs ou les deux, la mer, la montagne ou la campagne ou les trois... ; et la singularité ce qui constitue comme unique, singulier.
Les invisibles nous donne à voir des membres de notre particularité de notre histoire récente jusqu’à actuelle, dans une posture qui les montrent comme de belles âmes, alors que notre particularité centrale d’homme blanc n’a fait que les évincer. Ce spectacle les remet dans l’universalité humaine.
Merci à cet auteur et à tous ceux qui ont participé à la création de ce spectacle.