« Mais le rôle de l’état est de permettre le fonctionnement en société » >> Parce que les sociétés sans Etat ne fonctionnent pas ? Les humains sont tous des gamins irresponsables qui se laissent mourir de faim s’il n’y a pas un etat nounou pour les torcher ? Je ne pense pas, et je suis plus humaniste que ça. Qu’il y ait un Etat, pourquoi pas, encore faut-il qu’il justifie son existence (c’est loin d’être le cas) et que les limites de ses prérogatives soient très claires (ce qui n’est pas le cas non plus). L’Etat est sensé être le larbin de la société civile, pas son maître, il serait bon de s’en rappeler.
« y voyez vous une machine qui vous protège en cas d’incendie (par exemple), qui met en place les routes, les éclairages, les services divers et variés que vous utilisez fatalement ? » >> Qu’est ce qui prouve que je ne pourrais passer par des sociétés privées et libres d’assurances, de secours mutuels, des associations caritatives et des collectifs volontaires pour arriver au même résultat ? Le propre de l’Etat est l’emploi de la force brute, bête et méchante, qu’est ce qui me dit que c’est la seule solution valable ? Suis-je obligé de me voir racketté par le fisc pour payer les pompiers ou ces derniers ne pourraient-ils pas être financés par une mutuelle d’assurance à l’échelle de mon village ? Juste un exemple : l’éducation nationale. L’Etat a décrété qu’il était le seul à savoir éduquer mes gosses, et que je devais payer pour ça (sinon, huissier). Résultat, on dépense 2 fois plus par an et par élève qu’en 1980, pour des résultats en chute libre, et des gamins complètement incapables de se trouver un job. 30% d’illétrisme à 17ans, dernières statistiques de la JAPD. Quelle est la légitimité de l’Etat à venir encore me ponctionner pour financer un tel échec ? Aucune. Et pourtant je me fais racketter par le fisc pour entretenir un tel système dont je refuse catégoriquement de « bénéficier ». Non seulement l’Etat vole ma propriété à coupe de trique mais en plus il nie ma liberté de choix. Je n’appelle pas ça un deal acceptable.
De la même manière, ne serait-il pas bon de prêcher aussi pour de meilleurs règles encadrant les entreprises, qui sans contrôle adéquat, font aujourd’hui complètement n’importe quoi en terme d’environnement, de respect des salariés, de respect du client ... ?« >> Faisons leur concurrence et laissons les faire faillite, c’est ce qui a toujours très bien marché et qui marche toujours aujourd’hui. Si les clients veulent du bio, les entreprises qui n’en font pas disparaîtront de manière bien plus sure et certaines que par une quelconque coercition législative ou fiscale. Les lois, on les contourne, c’est même assez facile, regardez le traffic de drogue, d’arme ou la prostitution. On ne change pas la société par décret, ce qui est par contre assez clair c’est qu’en traitant les gens comme des gamins irresponsables on les poussent à se comporter comme tel.
Les deux théories, soit qui encense la liberté individuelle et par extension celle de l’entreprise, prônant une auto régulation naturelle, soit qui encense le rôle de la communauté et sa capacité à gérer les individus à leur place, ne sont que des théories incomplètes. J’espère que vous en êtes conscients, tout comme vos opposants »gauchistes« . » >> Tout à fait, je ne suis pas anarcho-capitaliste, mais je rappelle juste que « gérer les individus à leur place », c’est immoral (quand bien même ça puisse être efficace ponctuellement, sait-on jamais, ça reste une ingérence liberticide, et rien ne le justifie).