Comme le
premier ministre japonais Noda qui a
relancé deux réacteurs nucléaires au Japon
en dépit d’une large opposition populaire, et bien qu’il ne soit pas du tout un
partisan de l’électronucléaire dont il affirme vouloir affranchir son pays à l’horizon
2030, deux ministres socialistes
viennent de réaffirmer l’aspect incontournable de l’option nucléaire pour la
production électrique dans notre pays (sans que les soi-disant écologistes et
carriéristes du gouvernement ne démissionnent).
Ces
politiciens sont au pouvoir. Ils savent très bien que dans ces conditions ils
ne peuvent contourner les réalités. Une trop grande augmentation des tarifs du
courant électrique serait insupportable pour les usagers et handicaperait
encore l’industrie qui nous reste. Aucun gouvernement ne survivrait à un « black
out » électrique généralisé provoqué par ses choix énergétiques. De
plus le gouvernement a déjà à gérer l’augmentation inexorable du prix du
pétrole [due au franchissement non avoué du pic de Hubbert et à la spéculation incontrôlée] qui a elle seule peut
mettre notre pays à genoux dans peu de temps.
Au
niveau mondial la tendance est clairement à l’expansion du nucléaire [et ce ne
sont pas les hurlements de « l’observateur du nucléaire » par
ailleurs marginalisé dans sa propre famille pour ses excès, stéphane Lhomme, qui changeront cette
réalité].
S’il n’y
avait pas le développement du gaz de
schiste aux USA, ce pays aurait
relancé son nucléaire dont l’autorité de sûreté vient d’ « autoriser »,
un projet de réacteur de type PWR de
la société Westinghouse (aujourd’hui
contrôlée par Toshiba). Le gaz étant la
seule solution pour diminuer la part relative du nucléaire (et compenser l’intermittence
de l’éolien comme le montre la nécessité de construire une chaudière à gaz en
Bretagne à Landivisiau en marge des projets éoliens des baies bretonnes dont le
paysage sera ainsi dénaturé sans vraiment résoudre le problème électrique), la France
sera sans doute amenée à exploiter son gaz de schiste. En faisant appel à des
techniques beaucoup moins agressives que la fracturation hydraulique.
A propos
des fissures :
D’abord il faut savoir qu’aucun
matériau n’est parfait. Dans un
métal au niveau microscopique on va trouver des lacunes, des porosités, des fractures, des microfissures et jusqu’à des fissures…
Rapidement
après le démarrage de Fessenheim,
des fissures sous revêtement de la cuve primaire ont été mises en évidences.
Des études sérieuses de Framatome qui
ont d’ailleurs été matérialisées par un code case ASME [ensemble des règles et critères pour le dimensionnement
mécanique des réacteurs PWR] ont montré que ces fissures n’évolueraient pas
dans un sens dramatique au cours du fonctionnement ce qui s’est vérifié. Contrairement
à ce que prétend Stéphane Lhomme qui
n’hésite jamais à affirmer des choses sur un sujet auquel il ne connait rien, en
traitant les autres d’incompétents, les « fissures » découvertes sur
les viroles de cuve primaire (fabriquées par le constructeur hollandais,
Rotterdamsche Droogdok) sur des réacteurs belges
notamment n’ont effectivement rien à voir avec les fissures « Fessenheim ».
Et il est d’ailleurs très possible que leur évolution soit plus dangereuses
pour la tenue de la cuve et conduise à l’arrêt des réacteurs concernés.
Il est
toujours amusant de noter que des gens qui réclament à cor et à cris l’indépendance
de l’autorité de sûreté nucléaire, font constamment référence à de pseudo avis
scientifiques de Greenpeace organisation
qui bâtit son fonds de commerce sur l’anti nucléaire à outra nce.
Parmi les
inepties et contre vérités qui émaillent cet article, je relèverai le passage
sur la Tepco [retirer la
responsabilité de la gestion des accidents à la Tecpo]
Comme
toujours dans ce type de texte partisan on mélange tout. On confond la Tepco organisme privé soumis à la loi
du profit et ses travailleurs : responsables techniques, ingénieurs,
techniciens..
Il faut
rappeler ici avec force que ce sont environ 150 personnes (de la Tepco, plus des pompiers et policiers)
qui ont fait face au développement des accidents nucléaires sur six unités. Il
faut imaginer ce que cela représente alors que chaque cas était spécifique. D’ autant que la défaillance du gouvernement
japonais et des organismes de sûreté les a livré à eux-mêmes [c’est notamment
le super intendant du site, Yoshida,
qui a du prendre l’initiative des injections d’eau de mer contre l’ avis du gouvernement]
Les
erreurs humaines n’ont pas été épargnées, mais finalement ces hommes courageux
et compétents ont évité le pire. C’est-à-dire le fait que les corium en fusion des réacteurs 1 2 et 3
ne se retrouvent sur les radiers en béton.
Ils se
sont d’abord battus pour réaliser de nouvelles connections électriques sur les
tableaux des bâtiments turbine, pour pomper et réaliser le circuit d’injection
d’eau de mer … ce que a limiter les accidents nucléaires.
Ils se
sont battus pour contrôler le processus de traitement des eaux radioactives,
aboutir à un « arrêt froid » et limiter les rejets radioactifs
extérieurs à un niveau très faible… Et ils commencent actuellement la phase de
démantèlement très complexe et très longue sûrement ( près de 40 ans) en planifiant le retrait des
combustibles usés et frais, jugés intact du point de vue géométrique, de la
piscine de stockage de l’unité 4 [deux éléments combustibles frais ont déjà été
manutentionnés pour matérialiser le procédé].
Pour la
grande majorité des taches à accomplir il faut des techniciens compétents et
qui connaissent les circuits, les équipements.. Au cours de leurs travaux, ces
travailleurs intègrent des doses biologiques dont la somme est limitée (cela a
été 250 millisieverts, une dizaine
de techniciens sont concernés, maintenant il est plutôt considéré 100 millisieverts). Donc le nombre de
travailleurs disponibles diminue et cela devient un problème actuellement.
Une
population de plus de 10.000 travailleurs a été mobilisée sur le site de Fukushima Daiichi. Des morts de
travailleurs ont été déplorées. Il y a eu notamment un mort de Leucémie aiguë et récemment un
travailleur a été victime d’un accident cardiaque (arrêt de systole).
Vis-à-vis
de la population impliquée, il n’y a d’abord pas un nombre de décès qui dépasse
largement la statistique.
D’autre
part, le lien des décès avec l’irradiation a été écarté dans tous les cas sur
la base d’explications scientifiques [notamment pour un problème de délai pour
les Leucémies].
Il y a
des problèmes au Japon, notamment
cette triste affaire de feuilles de plomb sur les dosimètres des employés d’une
entreprise sous traitante, mais il y a une vraie gestion des doses biologiques
intégrées. Il y a aussi des cartes de doses d’irradiation qui permettent aussi
d’évaluer les doses reçues.
Donc le
fait qu’il n’y ait eu aucune victime d’irradiation chez les techniciens (dont
deux sont un peu au-dessus de 600 millisieverts)
ainsi que dans la population civile, est crédible.
JMBerniolles