Bonjour Clojea
J’avoue que mon
commentaire était un peu abrupt !
Mais il me faudrait
l’espace d’un long article pour exposer ce que des gens sérieux et compétents dans
ce domaine ont déjà fait en beaucoup mieux.
Ne considérer que le
volume des réserves, aussi gigantesques puissent-elles paraître en regard des
chiffres que nous manipulons quand nous faisons un plein d’essence, est une
approche très partielle et tout à fait insuffisante pour se faire une idée de
la situation réelle devant laquelle l’humanité se trouve concernant ses
ressources énergétiques.
Parmi les paramètres
déterminants, il est nécessaire de prendre en compte les flux de production et
leur évolution dans le temps face à la demande.
La demande mondiale reste
orientée à la hausse selon l’AIE. Si la consommation des pays de l’OCDE baisse,
celle des autres pays, croît.
Pendant ce temps un grand
nombre de pays producteurs sont déjà au-delà de leur pic de production ou,
comme l’Arabie Saoudite, en sont très proches.
Pour compenser à la fois
le déclin de production de ces pays et faire face à l’accroissement de la consommation prévue pour les 15 prochaines
années, il faudrait mettre en production pas moins de 45 millions de barils par
jour (Mb/j) de capacités nouvelles par l’ensemble de l’industrie, soit la
moitié de la production mondiale prévue pour 2012 par l’AIE ou la production de
plus de 4 Arabie Saoudite qui tourne autour des 10 Mb/j ! .
Question : peut-on
compter sur le Venezuela pour modifier significativement la donne quand sa
production s’est établie à 2,7 Mb/j en 2011 et que Rafael Ramirez, le ministre
vénézuélien du Pétrole a « évoqué » une production hissée à 6 Mbj en
2018 ?
Une autre précision : Au
Venezuela dans bassin de l’Orénoque, il s’agit de pétrole non conventionnel
lourd et extra lourd bien plus coûteux à produire, en capitaux et en énergie,
que celui provenant du champ de Ghawar en Arabie Saoudite.
Croyez-moi, Clojea, il
existe bel et bien une contrainte réelle sur la disponibilité des énergies
fossiles et du pétrole en particulier. Elle d’ordre physique. Depuis des années
la quantité d’énergie disponible par habitant de cette planète n’a cesser de
décroître. Faites le calcul vous-même et vous verrez.
Pourquoi donc les
pétroliers feraient-ils les fonds de tiroirs de la planète en allant chercher
du pétrole dans des conditions de plus en plus extrêmes et risquées avec des
techniques de plus en plus sophistiquées en dépensant plus de capitaux et
d’énergie ?
Pourquoi mettent-ils la main, directement ou indirectement, sur les terres agricoles pour
fabriquer des agro-carburants (pudiquement désignés sous le terme de
« bio-carburants ») au risque d’accentuer le stress pesant sur la les
cultures vivrières ?
C’est d’ailleurs un
phénomène qui déborde largement du seul domaine de l’énergie et qui touche
l’ensemble des ressources avec tout ce que cela induit.
En 1972, il y a 40 ans,
le rapport pour le club de Rome rédigé par Dennis Meadows et son équipe du
M.I.T. avait remarquablement décrit ce que nous sommes en train de vivre sans
encore bien nous en rendre compte et que, malgré tout, nous refusons toujours
de prendre au sérieux. Sans doute parce que la vérité est dérangeante. Ce qui
nous est présenté comme une crise plus ou moins passagère ne constitue que les
prémices d’une évolution pas très sympathique dans laquelle l’humanité s’engage
avec un mélange d’incrédulité et d’inconscience déconcertant.
Cliquez sur le lien
suivant et étudiez ce document qui résume les travaux du M.I.T.
http://www.societal.org/docs/cdr1.htm
Voir en particulier
la figure 31 et le texte qui va avec.