« Je vous connais bien Christian, vous êtes un homme honnête »
@capuche
Vous ne me connaissez pas du tout. On dirait que vous appliquez les techniques mises au point pour la vente des aspirateurs au porte-à-porte ! Il vaudrait mieux, tout de même, aussi, que vous évitiez de vous
contredire. J’étais hier un abruti que vous pensiez, au vu de ses
interventions, tout à fait dépourvu d’encéphale, et de surcroît
un « homme malhonnête ». Il va sans dire que ces sortes
d’assertions ne me font ni chaud ni froid et que pour la clarté du
débat, je tiens à rester jusqu’au bout le con absolu que vous avez
cru pouvoir identifier d’instinct.
Vous avez tort de vous opiniâtrer avec votre question absurde, parce qu’elle a vraiment quelque chose d’une obstination enfantine qui risque à la longue de vous faire du tort. Vous ne pensez tout de même pas, j’espère, que je vais ouvrir, pour vous complaire, le volume de la Pleiade consacré aux orateurs de la révolution : leur enflure m’est insupportable.
En tout cas, il y a ce qu’on dit ou ce qu’on écrit et il y a ce qu’on fait, et
les faits, devant la justice, et particulièrement devant le tribunal de l’Histoire, ont en général plus de poids que les
opinions exprimées ou les simples velléités.
Robespierre a consenti à envoyer à la
guillotine, par amour de l’intransigeance et de la Vertu, des gens
qui, souvent, avaient été ses amis et, humainement aussi bien qu’intellectuellement, valaient mieux que lui. Il les a sacrifiés par
fanatisme, ce Tartuffe de la morale politique. De pareils agissement me suffisent, et je me
contrefous des états d’âme cornéliens d’un salaud qui a accepté
d’envoyer son semblable se faire couper en deux.
Quand je vois des
robespierristes, sur cette même page, utiliser la référence au Saint Homme pour justifier les exactions du petit boucher de la
Cabana, je vois très bien où conduisent de pareilles idéologies.
Maintenant, relisez les écrits politiques de Rousseau, qui fut un
maître à penser de Robespierre et de plusieurs autres, et vous y
verrez le germe de tous les totalitarismes. Pour Rousseau, l’espèce
prévaut sur l’individu, et dans le Contrat Social, l’individu
s’aliène corps et âme à l’Etat, qui en fait ce que bon lui semble, au mieux des
intérêts de la Cité. Lacédémone n’est pas bien loin ! Mais qui sera dépositaire de l’aptitude à
définir l’intérêt général ? Le Parti communiste d’URSS, Adolf
Hitler, Fidel Castro et son petit boucher, Pol Pot lui-même, ont
toujours pris soin de se présenter comme les défenseurs de
l’intérêt général, et comme son incarnation même. On peut désormais en évaluer les conséquences.
Ca, c’est le problème qui commence à agiter fortement, dès les années 50,
les penseurs du politique, un problème auquel, par la force des
choses, les historiens contemporains de Mathiez, et tout aussi bien un Clémenceau ou un
Jaurés ne pouvaient évidemment pas penser mais qui, pour nous,
devient tout à fait central et essentiel. L’histoire du monde, cher Monsieur, s’est quelque peu prolongée au delà de la terreur et de sa borne thermidorienne. Vous paraissez l’oublier.