»L’idée que les Rwandais
bénéficieront d’une totale impunité jusqu’à la fin des temps est une illusion……"
Jusqu’à la fin des temps…. ? Et pourquoi pas ?…On sait quant a commencé
l’ère post-coloniale, on ne sait pas quant elle finira…..
Le premier
juillet 2012, la petite ville côtière de Nieuport, en Belgique, a réhabilité 17
sorcières et sorciers qui avaient été, entre 1602 et 1652, condamnés à périr
sur le bûcher sur la Place de l’Hôtel de Ville. Une plaque commémorative a été
apposée, reprenant les noms de ces victimes, mais pas le nom de leurs bourreaux.
A Katyn, un
monument a été inauguré, en 2010 en l’honneur des prisonniers polonais que les
soviétiques avaient exécutés non seulement en 1940 mais aussi par après. Et
cependant on oublie que les coupables n’ont même pas été cités au procès de
Nuremberg.
L’anniversaire des 10 ans de la CPI aurait presque été passé sous silence,
si Desmond Tutu n’avait déclaré que Bush et Blair devraient être traînés devant
la plus haute juridiction internationale. Il aurait pu y ajouter Clinton et
Kagamé.
Dénoncer un acte condamnable semble tellement évident. Il n’est pas besoin
que l’acte ait été posé pour qu’il soit condamnable. Mais il est impossible de
reconnaître un acte condamnable, une fois commis, sans nommer ceux qui en sont
coupables. Le silence assourdissant des média sur les poly-génocides en cours
depuis 1990 dans la région des Grands Lacs Africains, s’explique par la volonté
de ne pas désigner les coupables. Ces coupables sont, in fine, les
« sponsors » mêmes du système auquel participent ces médias. Les
observateurs qui pourraient reconnaître leurs erreurs de jugement sont rendus
muets, tétanisés, paralysés par l’incommensurable dimension de la falsification
massive de ces 22 dernières années.
A l’ONU, il faut se taire en chœur car les tyrans qui devraient être
condamnés ne le seront que quand leurs substituts ou leur avatars seront prêts
à être mis en place par la Communauté Internationale, amie des peuples congolais
et rwandais. Jusqu’à présent il faut continuer à toujours faire plus de la même
chose, avec ce qu’on a. La Communauté Internationale ne peut pas encore
invoquer la légitime défense préventive pour éliminer ceux qui sont, de fait ses
alliés objectifs. Car ces dictateurs, produits du colonialisme par procuration,
sont encore débiteurs des aides, civiles et militaires, dont ils ont profités pour
perpétrer depuis le début, les carnages qu’ils peuvent perpétuer en toute
impunité.
Parler aux Rwandais ?