@ l’auteur,
sur le fond,
je suis assez d’accord
mais attention à l’excès de simplification qui nuit à la crédibilité de l’argument.
Par exemple, à propos de la diminution du poste R.D.D.A (Rémunération Dirigeants, Dividendes Actionnaires) vous dites :
"Vous vous apercevez qu’au final le coût du produit sur
le tableau B a chuté par rapport au tableau A, simplement en diminuant
le poste consacré aux « R.D.D.A. ». «
Le problème, c’est que vos tableaux ont certes une valeur illustrative
mais basée sur des proportions qui sont parfaitement subjectives.
Ainsi, la case RDDA est représentée plus grosse que les autres (hormis celle correspondant à l’ensemble des salaires hors dirigeants, à peu près égale)
= partant de là, il est »facile« de la réduire de moitié et d’obtenir un résultat visuel »frappant« ,
ce qui vous permet d’énoncer :
»Vous vous apercevez qu’au final le coût du produit sur le tableau B a chuté par rapport au tableau A.«
Mais cela donnerait quoi appliqué à des exemples concrets ?
Voilà ce qui manque dans votre papier = du factuel, du concret, du vérifiable, du »sourçable« .
Quelle est concrètement la proportion des RDDA dans le budget des multinationales qui emploient plusieurs dizaines ou centaines de milliers de salariés ?
Pour parler de la France : Cap Gemini, Carrefour, Danone, Lafarge ... ?
Autre question : quelle est le poids du poste lié aux dérives de la »financiarisation" (augmentation de capital, emprunts, charge de la dette) et de quelle façon pèse-t-il sur le résultat de l’entreprise ?
On parle ici des transferts des caisses de l’entreprise vers les caisses des financiers, tout comme nous connaissons ces transferts de caisses de l’Etat (nos impôts) vers les caisses des financiers (remboursements des intérêts de la dette) = s’agit-il d’autre chose que de dividendes ponctionnés dans une caisse pour être versés à des rentiers ?
Cela devrait donc être intégré aux RDDA.
Sur LE SILENCE DES LOUPS (Décryptage d’un monde interdit aux moins de 16 dents)
j’avais été frappé par le rappel au bon sens lancé par l’auteur, il y a déjà plusieurs années,
qui concernait LAFARGE justement :
Quelques extraits :
_____________________________
(...)
Lafarge vient de réaliser une
augmentation de capital, début avril, pour laquelle il va verser 45
millions d’euros de commissions aux banques.
Ca ne vous choque pas ?
(...)
La commission touchée par les banques pour cette opération s’élève à 1415 années de SMIC.
Les banques ont siphonné dans les caisses de Lafarge, l’équivalent d’une année de travail de 1415 smicards.
(...)
Soyons très large : Imaginons que les banques aient fait travailler,
pour le bouclage de l’opération, 100 personnes à temps complet pendant 6
mois, pour un salaire annuel moyen de 100.000€ charges inclues.
Coût pour les banques : 100 x (100.000/2) = 5 millions.
Facture = 45 millions.
Gains = 40 millions
Marge = 800%
Vous connaissez beaucoup de secteurs où de telles pratiques ont cours ?
Je veux dire à part dans les milieux de la drogue et des ventes d’armes...
(...)
_____________________________
La charge contre la financiarisation se trouve en sous-partie d’un message intitulé
FAUT-IL LIQUIDER LE SIECLE ?
très intéressant lui-aussi, par ailleurs.