Rosemare
« Hugo a défendu les miséreux , le petit
peuple dans son oeuvre, il s’est opposé à la tyrannie de Napoléon III : avez
vous lu les châtiments… »
Ecoutez, s’opposer à la tyrannie
d’une monarchie ou d’un régime impérial n’est pas forcément le gage qu’on
défend le petit peuple. Victor Hugo est justement l’une de ces icônes de la
littérature bourgeoise française drapée dans un manteau d’humanisme républicain
à qui l’on prête faussement des idéaux sociaux voire d’émancipation des
peuples. En ce qui concerne son opposition à Napoléon Bonaparte III, nous dit Karl Marx dans son ouvrage intitulé Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte :
« Victor
Hugo se contente d’invectives amères et spirituelles contre l’auteur
responsable du coup d’État.
L’événement lui-même lui apparaît comme un éclair dans un ciel serein.
Il n’y voit que le coup de force d’un individu. Il ne se rend pas compte qu’il
le grandit ainsi, au lieu de le diminuer, en lui attribuant une force d’initiative
personnelle sans exemple dans l’histoire. »
Ainsi donc,
dans les événements historiques liés à la chute de Napoléon Louis Bonaparte, Victor Hugo jouait le rôle de détourner
le « petit peuple » de la
compréhension du système capitaliste, cause de la misère sociale du
« petit peuple », en braquant ce dernier uniquement sur la personne de
Napoléon et de ses acolytes. L’on peut dire à juste titre que peu de livres ont
été plus utiles à la classe possédante que « Napoléon le Petit » et « Les
Châtiments. ».
Quant au
prétendu humanisme anticolonial de Victor Hugo, en 1879, soit six ans seulement
avant sa mort, Victor Hugo était encore la vedette très applaudie des banquets
de l’oligarchie coloniale française et européenne qu’il haranguait et exaltait à
se lancer à la conquête de l’Afrique au nom, tenez-vous bien, de « la fraternité » ! C’est le
testament politique public de Victor Hugo dont voici un extrait :
« L’Asie a
son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire,
qui date de son commencement dans la mémoire humaine ; l’Afrique n’a pas
d’histoire ; une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. [...] Les deux
peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; la France la tient par l’Ouest et par le Nord, l’Angleterre la tient par l’Est et par le midi. Voici que l’Italie accepte sa part de ce travail colossal. [...] »
« Peuples ! Emparez-vous de
cette terre. Prenez-la. À qui ? à personne. Prenez cette terre à Dieu. [...] Où
les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le
canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non
pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la
fraternité. ».