LA SYRIE APRÈS LA LIBYE EST L’OBJET D’UNE AGRESSION POUR SES HYDROCARBURES.
VOICI COMMENT L’OTAN COMPTE FAIRE MAIN BASSE SUR LA SYRIE ET POUVOIR ATTAQUER PLUS FACILEMENT L’IRAN :
Ceci vient après l’annonce faite cette semaine par l’Allemagne,
qui fournit à la Turquie deux des trois systèmes de missiles, en
plus de celui venant des Pays-Bas, qu’elle enverra 170 soldats à
la frontière syrienne.
Le secrétaire américain à la
Défense, Leon Panetta, et le ministre allemand des Affaires
étrangères, Guido Westerwelle, ont tous deux prétendu que le
président syrien Bachar al-Assad envisage sérieusement de se servir
d’armes chimiques contre ses adversaires, une décision définie
comme une « ligne rouge » par Washington. Lundi, le président
Barack Obama a dit que le recours aux armes chimiques était «
totalement inacceptable » et aurait des « conséquences. »
Le
vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faisal Miqdad, a
réitéré hier, « La Syrie souligne encore une fois, pour la 10ème,
la 100èmefois, que si nous disposions de telles armes, elles ne
seraient pas utilisées contre notre peuple. Nous ne nous
suiciderions pas. »
Les affirmations infondées selon
lesquelles la Syrie a l’intention de le faire est un prétexte
évident pour un acte d’agression militaire par les puissances de
l’ONU comme l’étaient, il y a une décennie, les mensonges
concernant les « armes de destruction massive » irakiens. Les
Etats-Unis ont effectué des préparatifs considérables pour une
intervention qui n’a rien à voir avec les « renseignements »
qu’ils affirment avoir sur les armes chimiques.
Comme le
World Socialist Web Site l’avait précédemment rapporté,
Washington a déployé une gigantesque armada au large de la côte
syrienne dont le fer de lance est le groupe aéronaval emmené par le
porte-avion américain USS Eisenhower et comprenant un groupe
amphibie formé par l’USS Iwo Jima, l’USS New York et l’USS
Gunston Hall et qui transporte 5 000 marines
américains.
Ceci positionne 17 navires de guerre, 70
chasseurs bombardiers et 10.000 personnels militaires à une distance
de frappe de la Syrie, en plus de la 39ème Aile de base aérienne
(39ABW) d’Incirlik en Turquie et de dizaines de milliers de troupes
au sol déployées au Koweït, au Qatar, dans les Emirats arabes unis
et au Bahreïn.
L’envoi de troupes en Turquie par
l’Allemagne a suivi l’appel émis le mois dernier par son
ministère des Affaires étrangères en vue d’une « mise en œuvre
rapide » de la Mission européenne d’assistance à la frontière
(EUBAM) au point de passage Rafah à la frontière entre Gaza et
l’Egypte, et pour que l’Egypte bénéficie d’une aide de l’UE
pour équiper sa police des frontières, pour soi-disant mettre fin à
la contrebande d’armes à destination de Gaza.
Le
renforcement américain bien plus substantiel est conforme aux
projets élaborés par le Pentagone, estimant qu’une intervention
militaire de grande envergure de la Syrie nécessiterait 75.000
soldats américains. Mais, une autre option éventuelle a été
précisée cette semaine par le magazine français Le Point. Celui-ci
indique qu’une mission est déjà prévue pour la Syrie qui
implique la France et qui comprendrait un nombre relativement faible
de forces spéciales originaires d’un certain nombre de pays de
l’OTAN et qui serait calquée sur l’intervention occidentale en
Libye. L’intervention combinerait un blitz aérien avec une action
au sol par les forces spéciales afin de détruire les stocks d’armes
chimique ainsi que la force aérienne et les systèmes de défense
aériens syriens.
Ce reportage français a été confirmé
vendredi par DEBKAfile, qui cite des sources proches du ministère
français de la Défense au sujet d’une intervention imminente
combinée entre l’armée occidentale et arabe et impliquant les
Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, la Jordanie et
d’autres Etats arabes anti-Assad. DEBKAfile, qui est proche de
l’armée israélienne et des sources de renseignement, a identifié
l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar comme étant
de la partie.
DEBKAfile a souligné que « le porte-avions
français Charles de Gaulle, portant un complément d’infanterie de
marine est déployé en Méditerranée, ayant rejoint le groupe
aéronaval USS Eisenhower et au moins cinq navires de guerre
britanniques qui sont également porteurs d’une grande force de
marine. »
Il a poursuivi en indiquant : « Dans les deuxième
et troisième semaines de novembre, les forces navales britanniques
et françaises, ainsi que 2.600 combattants des forces spéciales des
deux pays ont effectué des exercices d’atterrissage et de capture
contre des emplacements fortifiés sur la côte et les montagnes de
l’Albanie en tant qu’exercice pour des opérations potentielles
contre un terrain similaire à la Syrie, là où les montagnes
alaouites surplombent les villes côtières de Lattaquié et Tartous.
»
Hier également, Le Figaro a rapporté que des conseillers
militaires français avaient rencontré des combattants de
l’opposition syrienne pour identifier d’éventuels destinataires
d’approvisionnement d’armes. Les agents français ont eu des
entretiens directs avec un dirigeant de l’Armée syrienne libre «
dans la région entre Damas et le Liban, » a-t-il dit en citant un
chef anonyme de l’opposition syrienne. Ils voulaient déterminer la
« capacité opérationnelle de chaque groupe » et leur «
orientation politique, » a-t-il dit. Des agents américains et
britanniques ont aussi organisé des réunions, a ajouté la source.
Une source non identifiée de l’armée française a
confirmé que ces réunions avaient bien eu lieu.
La
secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, est en train de
jouer un rôle clé consistant à encourager une riposte militaire.
S’exprimant hier à Belfast, elle a demandé une « action
concertée » pour mettre fin au conflit mais a ajouté que les
pourparlers jeudi à Dublin avec le ministre russe des Affaires
étrangères, Sergei Lavrov, n’avaient pas débouché sur de «
grandes avancées. »
L’ambassadeur de Russie auprès de l’OTAN, Alexander
Grushko, a critiqué le déploiement de missiles américains Patriot
à la frontière turco-syrienne comme étant la preuve que l’OTAN «
s’impliquait dans le conflit après tout » sous le prétexte de «
provocations ou de certains incidents à la frontière
[turco-syrienne] »
Que la Russie
abandonne ou non Assad, la situation s’achemine vers une
intervention de l’OTAN – très probablement en soutien à la
Turquie et/ou une force intermédiaire arabe. La semaine prochaine,
Clinton doit se rendre à Marrakech, au Maroc, pour une rencontre
avec le groupe des Amis du peuple syrien à laquelle participera la
Coalition nationale syrienne nouvellement formée. « Maintenant
qu’une nouvelle opposition est formée, nous allons faire tout
notre possible pour soutenir cette opposition. » a dit Clinton aux
journalistes à Bruxelles.
La déstabilisation de la Syrie
vise à isoler l’Iran et à garantir l’hégémonie américaine
sur cette région riche en pétrole. Mais, de tels projets mettent
Washington dans un conflit encore plus dangereux avec la Russie et aussi avec la Chine.