Bonjour easy,
Votre pseudo est mal choisi, mais cette mauvaise blague j’ai dû déjà la faire une fois. Pas si ’easy’ que ça donc...
Quand je vois un pavé d’easy, j’ai le choix entre reprendre la lecture de mon polar du moment ou me taper la lecture dudit pavé, essayer de comprendre, et éventuellement réagir. Il se trouve que le bouquin que je lis actuellement n’est pas bon (pardon, ne me plaît pas), je vais donc zapper et j’ai un peu de temps.
Je retiens en particulier ce paragraphe :
Si pendant 2 ans, nous interdisions à tous les Français de pratiquer le
papotage en viande et qu’ils ne puissent s’exprimer que sur mur dazibao
virtuel (sans la moindre indication sur la foule qui les lit) et
qu’ensuite on les autorise à papoter en groupes réels, ils constateront
un immense éventail d’idées mais sans avoir de repère mainstream. Ils
seraient comme devant un océan d’idées mais ne verraient aucune
direction particulière. Ils se demanderont vers où aller.
C’est parfaitement exact et j’en ai vu l’illustration dans de nombreuses réunions professionnelles pendant plus de 40 années incluant des votes comme des AG. Toute telle réunion a un ordre du jour avec des questions mises à la discussion. La plupart de temps tout cela n’est que mascarade. Chacun sait ce que le chef (le président de séance en général) veut et votera pour ou contre selon qu’il est mainstream ou opposition si une opposition organisée existe (qui est finalement un ’mainstream’ de subsitution). Très rarement un vote sera justifié par un choix personnel clairement commenté.
Là où ces réunions deviennent fort divertissantes, c’est quand arrive le moment des ’questions diverses’ (très souvent à la fin). C’est un fourre-tout où sont rassemblées les questions les plus importantes (votes des crédits, des budgets) et des questions annexes qui ont été mises là pour faire plaisir à qui le demandait et noyer le poisson. En fait ces questions diverses, peu de gens les connaissent à l’avance, les participants les découvrent tous en même temps, seul le ’boss’ et sa secrétaire sont au courant. Pour les questions importantes le boss ne prend aucun risque il expose son point de vue et ses options (qui m’aime me suive), pour les autres, dont il se fout royalement, il fait un démocratique ’tour de table’. Chacun est donc obligé de se définir.
Alors là, je peux vous dire c’est panique à bord. L’angoisse est perceptible, les gens sont obligés de se déterminer sur un sujet dont le ’mainstream’ est inconnu. Presque tout le monde botte en touche et sort la langue de bois.
Sur les forums virtuels, et en particulier celui-ci, c’est à peu près la même chose. Sur un fil mélenchoniste initié par Madame Walter inutile d’essayer démettre un avis dissident ou même mesuré, pas d’autre choix que de chanter les louanges du chef, sinon c’est du -20 assuré. En parallèle vous pouvez avoir un auteur qui casse ou solde de la merluche et se fait applaudir. C’est donc l’instinct grégaire qui guide les participants, pas la volonté de débattre et d’argumenter.
Cordialement.