Sur la Tunisie, lire «
La face cachée de la révolution tunisienne » de Mezri Haddad. Pour résumer très brièvement la thèse du livre, nous avons vu à l’oeuvre de savantes techniques de manipulation des foules, certes pacifiques (un peu dans la lignée des révolutions colorées en Europe de l’Est), destinées ici à remplacer un pouvoir (relativement) souverain par un pouvoir vassalisé (à un autre maître).
Pour la Libye, le rôle prépondérant de l’OTAN (campagne intense de bombardements, etc.) parle de lui-même. Et le
rapport du CIRECT-AVT a bien montré la façon dont l’OTAN a joué une minorité
régionale sunnite contre le pouvoir laïc (et la majorité).
Pour la Syrie, les témoignages sont maintenant très nombreux montrant que l’armée « syrienne » libre est composée essentiellement de saoudiens, de libyens, d’afghans, de pakistanais et d’irakiens et est financée et armée par des pétro-monarchies, vassales des États-Unis. Les combattants, des fondamentalistes sunnites, entrent en Syrie par les frontières depuis la Turquie et le Liban. Par ailleurs, l’implication de nos gouvernements, qui d’habitude ne trouvent rien à redire à tant de situations dramatiques dans le monde, est à elle seule suspecte et apporte la preuve qu’il y a un intérêt occidental à faire tomber Assad.
Remarquer par comparaison la discrétion actuelle de l’Algérie, pouvoir pourtant incroyablement prédateur, brutal et haï par la population (lire
Aggoun), ce qui montre que ces révolutions ne surviennent pas là où il y en aurait le plus besoin.