Ariane
Walter
« Non, les islamistes ne sont pas des
enfants de choeur mais les Européens leur ont donné tous les modèles ».
Vous oubliez que ce que les européens
ont donné, c’est tout ce que les guerriers d’ALLAH recherchaient avant que les
Européens le leur donnent. Ils le recherchent et le rechercheront toujours, que
les Européens le leur donnent ou pas. C’est l’idéologie plusieurs fois
millénaire abrahamique, mahométane en particulier mahométane, dont ils sont
allaités et nourris, qui le leur recommande.
Selon vous, les Européens leur ont
donné tous les modèles. Vous vous trompez ! Les Européens ne leur ont pas
donné tous les modèles. Les Européens ne leur ont donné que les moyens
matériels, la logistique militaire (les armes, les munitions, les bombes, les
véhicules, le carburant, l’argent, etc.). Mais, la logistique intellectuelle,
l’idéologie, la doctrine, les guerriers d’Allah l’avaient déjà, par eux-mêmes,
par le Coran, la Suna,
l’Evangile, par la Thora.
Cette doctrine, ils la tiennent des traditions de piraterie
et brigandage de certains nos ancêtres choisis et vénérés, dont la plus part ne
sont que des mythes, depuis Adam jusqu’à Mahomet, en passant par Noah, Abraham, Moïse et Jésus.
Cette logistique intellectuelle est
infiniment plus importante que la logistique matérielle que les Européens leur
ont fourni, fournissent et fourniront encore. Cette logistique intellectuelle, la
doctrine des conquérants d’Allah, est bien plus puissante que la logistique
matérielle fournie par les Européens. Elle
est l’expérience divinisée, de plus de trois millénaires, du monde
indo-européen dans l’art du trafic en tout genre, du banditisme, du brigandage,
du gangstérisme, du terrorisme, au Moyen-Orient. Cette divinisation consiste à
déclarer comme étant Dieu, un personnage imaginaire mystique, un mythe-repère, excitateur
et absoluteur du gangstérisme.
La civilisation orientale partage
cette doctrine mortifère adamique, noyau en acier trempé de son identité
culturelle, avec sa sœur rivale, la civilisation occidentale. Dans leurs
rivalités pour le contrôle du monde, les deux civilisations impérialistes s’ajustent
mutuellement. Cet ajustement est comparable à la tectonique des plaques
géologiques. Celle-ci s’accompagne parfois de redoutables mouvements sismiques causant
des cataclysmes naturels tels que les tremblements de terre, les déplacements
des montagnes, les éruptions volcaniques, les tsunamis, etc.
Quelle que soit l’acuité de leurs
collisions, les deux impérialismes ne peuvent complètement s’annihiler car ils
partagent la même expression mystique du gangstérisme, l’adamisme, le
noachisme, l’abrahamisme. Leurs querelles ne sont que des querelles internes
familiales. L’un, l’abrahamisme judéo-coranique, l’impérialisme moyen-oriental,
défend la pure tradition mystique. L’autre, l’abrahamisme judéo-chrétien,
l’impérialisme occidental, prétend avoir modernisé et universalisé cette
tradition. En fait, le modernisme économique du premier séduit le second autant
que le passéisme mystique du second séduit le premier.
De cette séduction mutuelle, résulte
une alliance objective entre les deux impérialismes. Cette alliance objective se
manifeste parfois çà et là, conjoncturellement, lorsque la tradition
abrahamique commune est soit menacée (alliance contre l’émancipation des
peuples), soit dispose d’un vaste champ à conquérir partageable (la traite
esclavagiste négrière), soit apparaît comme neutre pour une opération
particulière de brigandage (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie). C’est donc une grosse
illusion de considérer que l’un de ces deux impérialismes peut être plus
acceptable que l’autre. L’indulgence idéologique envers l’impérialisme
judéo-coranique est pour lui une aubaine qui dévoile sa puissance face à
l’impérialisme judéo-chrétien, et vice-versa.
Le combat des peuples contre
l’impérialisme tout court est indissociable du combat contre l’obscurantisme
abrahamique. Ce combat commence sur le plan de l’idéologique, de la doctrine. La
lutte des peuples et civilisations contre l’impérialisme abrahamique en Orient
comme en Occident, cette barbarie moderne et millénaire, ne peut se donner une
perspective libératrice et émancipatrice sans démystifier la doctrine du monothéisme abrahamique, barbarie
illuminative et divinisatrice des pires traditions de brigandage dans
l’humanité.