Une petite precision sur le milieu des ONG, souvent meconnu du grand public. On distingue generalement deux categories d’ONG, a savoir :
D’une part, les ONG urgentistes, souvent de taille consequente, fonctionnant parfois comme des multinationales, liees aux grand bailleurs internationaux, et qui agissent en situation de crise. Lorsque leur action depasse le contexte de l’urgence, il arrive en effet qu’elles se substituent aux gouvernements nationaux, ce qui n’est pas souhaitable pour deux raisons : la souverainete des pays concernes estalors bafoue (c’est une forme d’ingerence occidentale, une de plus), et, surtout, certains regimes criminels se dechargent ainsi de leurs missions fondamentales. Nous desapprouvons totalement ce mecanisme vicieux.
D’autre part, les ONG dites « de developpement » (terme a employer avec la plus grande prudence, puisque ramene de nos jours au progres technique et a l’accroissement des biens de consommation, sans porter aucune attention au developpement humain des societes), qui se focalisent sur la creation de solutions durables a des problemes de fond (ex : creation d’activites economiques en zones rurales, syndicalisation des travailleurs de l’informel, etc.). La plupart de ces ONG travaillent aujourd’hui avec des relais locaux, en l’occurence des ONG nationales. Les gens qui vivent les difficultes au quotidien creent leur propre structure, et developpent leurs propres projets, avec le soutien logistique, humain et financier d’une ONG du Nord. Ainsi, les ONG que nous rencontrons sur notre parcours ont ete crees par des locaux, et sont gerees par ces memes personnes. Fedina est 100% indienne, AOSED est 100% bangladaise, etc. Dans de tels cas de figure, il n’est plus question d’etre un « suppletif » d’Etats deficitaires, car toutes ces ONG de developpement, en complement de leurs projets de terrain, interpellent leurs dirigeants nationaux, via du plaidoyer, des manifestations ou des campagnes.
Enfin, il existe une modeste et petite categorie de gens qui se contentent d’observer pour informer, pour retranscrire ce que font les autres, ici et ailleurs, en vue d’aider les plus faibles a resoudre leurs difficultes.
Quoi qu’il en soit, meme en cas de desaccord, il importe d’etre constructif, et de savoir de quoi on parle !