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Reporters solidaires

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  • Premier article le 23/01/2013
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Ses articles classés par : ordre chronologique




Derniers commentaires



  • Reporters solidaires 25 janvier 2013 09:24
    Je ne vous demande pas d’aimer cet article, et je pense qu’on apprend plus dans la contradiction que dans le consensus generalise et sterile.

    Il y a dans votre reponse un point de vue que je partage. Il est bien evidemment impossible, et presque insultant, de reduire un groupe de population quel qu’il soit a des caracteristiques generales, qui, meme si elles sont positives, ne peuvent etre l’apanage de l’ensemble du groupe. Et ce qu’il s’agisse des membres d’une meme nation, des fideles d’une religion, des habitants d’une ville, ou que sais-je encore. Chaque homme et chaque femme sont differents, et doivent etre consideres comme des individus a part entiere, sans s’attarder sur leur nationalite ou leur couleur de peau, c’est une evidence. Mon but n’etait pas de me rendre coupable d’un amalgame douteux, mais de souligner le fait que parmi tous les pays dans lesquels j’ai pu me rendre, c’est bien au Bangladesh que les relations que j’ai pu developper (travail, contacts dans la rue, echanges longs ou cours...) ont ete les plus chaleureuses, les plus desinteressees et les plus amicales.

    Vous developpez ensuite, dans votre reponse, un point que je n’aborde absolument pas dans cet article, et vous reliez vous-meme la notion d’exploitation au comportement des personnes exploitees. Vous faites fausse route, je n’ai jamais ecrit ca. L’exploitation d’un homme par un autre, ou d’un groupe d’hommes par un autre, est une indefendable ignominie. Il faut lutter contre toute forme d’injustice, d’exclusion et d’exploitation, et ce quelque soit l’identite de la ou des victimes. Je precise au passage que la terminologie que vous employez revele une conception plutot archaique du monde, dans laquelle l’Occident devrait « s’occuper » (ce sont vos mots) des plus fragiles de la planete. Rassurez-vous, au Bangladesh comme ailleurs, il existe des gens creatifs et courageux, qui proposent chaque jour des solutions concretes pour ameliorer leur vie quotidienne et celle des autres (cf. Muhamad Yunus, puisque nous parlons du Bangladesh). Les difficultes rencontrees par certains Etats, et par extension par leur population, relevent de considerations macro-economiques ; pour gerer sa vie, le reste de l’hunanite n’a besoin ni de vous, ni de moi.

    Ironie du sort, vous parlez ensuite de vol de camera...Nous nous sommes fait voler en Thailande l’integralite de notre materiel de reportages, et toutes nos images. Et pourtant, je ne compte pas ecrire un pamphlet sur les Thailandais, ce qui prouve, s’il en etait besoin, que je ne subordonne pas mes ecrits a l’accueil qui m’est reserve ou a la satisfaction que les personnes rencontrees apportent a mon ego...

    Sachez egalement que je ne compte sauver personne. Je fais simplement mon travail, qui est lie a ce que j’aime par dessus tout, a savoir aller a la rencontre des autres et voyager. Le projet que nous menons, et pour lequel nous ecrivons a tour de role, n’a pas la pretention d’apporter le changement la ou nous passons. Nous souhaitons simplement mediatiser ce que font les gens qui, dans leur propre pays, trouvent des solutions pour faire face aux problemes des plus fragiles. Nous n’interferons pas dans ce qui se fait la ou nous sommes, nous l’observons et le retranscrivons. Je vois la encore que vous faites des proces d’intention aux autres sans prendre la peine de vous renseigner sur leur travail. Le site est accessible en ligne...

    Pour conclure, je serais sincere et franc : bien evidemment, c’est se faire plaisir que de realiser un tel voyage. Mais sachez qu’on peut tout a la fois se faire plaisir et se sentir rellement concerne par les autres, au point de vouloir parler largement de ce qu’ils vivent. Il ne s’agit pas de « faire quelque chose de sa vie », comme vous l’ecrivez avec mepris. Ce projet est l’aboutissement d’un long travail, et vient a la la suite d’annees entieres consacrees a l’exclusion et a la pauvrete, en France comme a l’etranger. Je ne basculerais neanmoins pas dans la justification, au risque de vous faire croire que vous dites juste. Je ne peux maintenant que vous remercier pour ces critiques, qui sont, comme toutes critiques, bonnes a prendre, et vous inciter a faire valoir vos points de vue... mais je vous encourage a ne pas accorder a vos concitoyens des sentiments ou des intentions qui ne sont pas les leurs.


  • Reporters solidaires 24 janvier 2013 09:28

    Une petite precision sur le milieu des ONG, souvent meconnu du grand public. On distingue generalement deux categories d’ONG, a savoir :


    D’une part, les ONG urgentistes, souvent de taille consequente, fonctionnant parfois comme des multinationales, liees aux grand bailleurs internationaux, et qui agissent en situation de crise. Lorsque leur action depasse le contexte de l’urgence, il arrive en effet qu’elles se substituent aux gouvernements nationaux, ce qui n’est pas souhaitable pour deux raisons : la souverainete des pays concernes estalors bafoue (c’est une forme d’ingerence occidentale, une de plus), et, surtout, certains regimes criminels se dechargent ainsi de leurs missions fondamentales. Nous desapprouvons totalement ce mecanisme vicieux.

    D’autre part, les ONG dites « de developpement » (terme a employer avec la plus grande prudence, puisque ramene de nos jours au progres technique et a l’accroissement des biens de consommation, sans porter aucune attention au developpement humain des societes), qui se focalisent sur la creation de solutions durables a des problemes de fond (ex : creation d’activites economiques en zones rurales, syndicalisation des travailleurs de l’informel, etc.). La plupart de ces ONG travaillent aujourd’hui avec des relais locaux, en l’occurence des ONG nationales. Les gens qui vivent les difficultes au quotidien creent leur propre structure, et developpent leurs propres projets, avec le soutien logistique, humain et financier d’une ONG du Nord. Ainsi, les ONG que nous rencontrons sur notre parcours ont ete crees par des locaux, et sont gerees par ces memes personnes. Fedina est 100% indienne, AOSED est 100% bangladaise, etc. Dans de tels cas de figure, il n’est plus question d’etre un « suppletif » d’Etats deficitaires, car toutes ces ONG de developpement, en complement de leurs projets de terrain, interpellent leurs dirigeants nationaux, via du plaidoyer, des manifestations ou des campagnes.

    Enfin, il existe une modeste et petite categorie de gens qui se contentent d’observer pour informer, pour retranscrire ce que font les autres, ici et ailleurs, en vue d’aider les plus faibles a resoudre leurs difficultes. 

    Quoi qu’il en soit, meme en cas de desaccord, il importe d’etre constructif, et de savoir de quoi on parle !


  • Reporters solidaires 23 janvier 2013 16:21

    Bonsoir,

    Vous devez avoir une bien solide experience du Bangladesh pour en parler ainsi...a moins que vous ne soyez Bangladais(e) vous-meme ?

    Nous nous contenterons de deux points succints pour vous repondre :

    Premierement, vous n’avez certainement pas pris la peine de vous rendre sur notre site internet, ou nous abordons en plusieurs articles (bases sur des semaines passees sur le terrain avec une ONG bangladaise) certaines des difficultes considerables que la population de ce pays doit affronter au quotidien. Nous avons arpente la region de Khulna, nous sommes alles a Dhaka, et nous l’avons fait avec des locaux, et uniquement des locaux, ce qui nous a permis de mesurer combien la vie la-bas est precaire et parfois insoutenable (ce que mentionne d’ailleurs notre article, que vous avez du lire en diagonale).

    Le second point se resume a une question : que faites-vous, vous qui semblez si concerne, pour lutter contre la situation des Bangladais, si vous la jugez tellement insoutenable ? Notre but n’est pas de sauver la planete entiere, ni meme d’ameliorer le quotidien de la population d’un pays. Notre modeste contribution se limite a aller sur le terrain, et a retranscrire les initiatives positives menees par les populations locales pour ameliorer leur cadre de vie. Et peut-etre que de tels exemples pourront faire des emules...

    Enfin, si vous souhaitez en debattre avec les principaux interesses, nous pouvons vous rediriger vers les Bangladais concernes et directement cites dans cet article. Sachez que cet ecrit est le fruit d’une promesse, celle faite a une dizaine de personnes, a leur demande, de parler autrement d’eux et de leur pays. Car contrairement a ce que vous pensez, et meme si cela n’aidera pas les plus fragiles a s’en sortir durablement, ils le souhaitent ardemment.

    Veuillez nous excuser pour l’orthographe aleatoire de ce message - due au clavier anglais - et rassurez-vous, nos facultes n’ont pas ete alterees par de quelconques fumees...

    Cordialement,

    Thibault SIMONET et Fabienne THIRY
    www.lesreporterssolidaires.org
    Sur Facebook : Les reporters solidaires

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