« Si vous regrettez vraiment ce temps là, retournez à votre ancien métier ! »
Je ne peux pas revenir à mon ancien métier tout simplement parce que je ne vis plus au même endroit et qu’il n’y a pas d’entreprise similaire là où j’habite maintenant.
« La peur de perdre le statut et les avantages que vous avez aujourd’hui vous empêchent elles de franchir le pas ? »
La peur du changement oui (comme quelqu’un dans le privé qui changerait de job. On a toujours peur de se tromper. Croire en un métier et être à ce point déçu, cela vous casse. Vous doutez donc forcément de ce que vous allez retrouvez). Mais il ne s’agit en aucun cas de la peur de perdre mes « privilèges » de fonctionnaire. Je les laisse sans regret (très sincèrement).
J’ai lu quelques témoignages de profs (des chanceux) qui ont pu quitter définitivement l’EN : pour rien au monde elles ne reviendraient. Comme je les comprends. Dans ces témoignages, il s’agissait souvent de femmes qui, en accord avec leur mari, prenaient le risque d’avoir un salaire moindre pour leur foyer. La solution vient forcément d’un sacrifice mais elles sont heureuses. C’est plus complexe quand on est le seul revenu du foyer ...
Ce que je voulais dire dans mon article, ce n’est pas que c’est plus dur à l’EN qu’ailleurs mais que, contrairement à ce que l’on pense, prof est un boulot psychologiquement cassant et que rien n’est fait par l’administration quand on veut partir (il faut bidouiller des solutions ailleurs et parfois ça marche, parfois on reste sur le carreau). C’est comme laisser un médecin qui n’aime pas son boulot à son poste, on risque la vie des gens. Ici, on risque la scolarité des gamins ...
Pour revenir à votre question « oserez-vous ? » : je suis en train de bidouiller un truc pour travailler dans l’artisanat tout en pouvant continuer de payer mes traites ... je croise juste les doigts pour que ça passe. Si c’est le cas, je m’en serai sorti seul (avec l’aide de quelques proches) et l’EN me laissera un goût très amer.