re médy
Dans un essai je développe ce point de vue un peu plus
précisément, en fait, il s’agit de s’appuyer sur une valeur
scientifique réfutable. U humain consomme entre 1500 et 2000
calories par jour. S’il les utilise dans 8h pour produire une
voiture, la voiture ne pourra pas valoir plus de 1500 à 2000
calories.
Si un directeur du cac 40 consomme la même quantité pour gérer
son entreprise, il n’y a pas de raison objective qu’il vaille
plus qu’un autre. Ceci n’apporte pas de solutions à nos
relations humaines, mais constitue un outil de mesure.
Y a-t-il des valeurs « réelles » ou scientifiques …
De
valeurs « réelles », il n’y a que les valeurs physiques des
produits et celles des matériaux, quand nous les utilisons ou les
transformons, et celle de « leur valeur d’usage intrinsèque »,
ensuite notre capacité de travail énergétique, aussi bien pour
penser qu’agir. Pourtant, nous avons maintenant les moyens de
définir une valeur du travail « scientifique » née de
l’observation de la « réalité » des mécanismes physiques.
Sauf que dans un cheminement dynamique semé d’embûches
idéologiques et égoïstes, où nous avons donc dû élaborer,
livré à notre seule appréciation émotionnelle, d’abord des
valeurs subjectives dont certaines reposent sur des conventions
universelles, et d’autres qui fluctuent suivant nos jugements
qualitatifs. Cela avant d’en arriver à définir des valeurs
scientifiquement réfutables,
même si ces données scientifiques ne sont pas absolues, elles
permettent de stabiliser la qualité de nos jugements issus de notre
conscience dans l’analyse du moi d’autrui et du monde dans nos
relations de l’homme au travail.
…et des valeurs relatives ?…
Toutes les
valeurs que nous définissons ne sont donc que des valeurs relatives
fictives régulant nos comportements sociaux, les échanges et la
répartition de la rareté des ressources, issus de notre
raisonnement, elles ne sont donc pas intangibles. Elles peuvent être
réinterprétées à un moment ou un autre. En ce sens, elles sont la
transcription, la figuration, la copie de nos motivations aux effets
concrets (biens et services), elles sont l’expression de principes
généraux, d’orientations reconnues par la collectivité comme
fondamentaux aux vues de ses préférences ou croyances, et au
demeurant la réflexion peut s’exercer sur elles.
Prenons
l’exemple d’une personne qui offre à une autre une bague en or.
Le désir
de séduire nous a fait produire un bien pour cela. C’est la
satisfaction d’un comportement social ou biologique (s’il conduit
à l’accouplement, séduire par sa richesse, par l’éclat comme
une pie et tant d’autres). C’est aussi la contrainte d’avoir dû
extraire ses constituants de base, et la produire. Il a fallu pour
son extraction développer les infrastructures, les techniques et les
enseignements spécifiques aux exploiteurs de gisements aurifères,
il a fallu aussi élaborer le métier d’orfèvre. Il a fallu aussi
assurer la réalisation et distribution de tous les éléments
concourant à son élaboration, et enfin il a fallu organiser sa
distribution de produit fini. Jusque là, nous sommes dans des
activités concrètes, dont la capacité créatrice, et les efforts
consentis pour la production (la force de travail) de la bague
peuvent se mesurer. Nous les mesurons en temps, mais c’est le temps
de travail que nous mesurons, et nous savons aussi que notre temps
est un temps conventionnel. L’histoire de son élaboration aurait
tout autant pu nous conduire à considérer qu’une saison était
une année, et que la journée ne comportait que douze heures.
Ainsi, la
« valeur d’usage » de la bague est égale au temps de travail
consenti pour sa production.
Partant
de là, la valeur d’usage de la bague est une valeur relative, et
nous pourrions tout aussi bien mesurer le temps de travail en énergie
consommée, et cela correspondrait plus à la nature de l’effort
consenti pour effectuer un travail ; de telle manière que ce
qui était impossible au siècle dernier, par la science et la
technologie l’est aujourd’hui, il
suffit de lui ouvrir la porte.
Ainsi, en
regardant un bilan nous pourrions transformer tous les contenus de
ses comptes de classes, en temps de travail, puis le temps de travail
en énergie (calorie, conventionnellement une calorie égale 4,185
joules), et fixer une valeur monétaire universelle du joule.
Mais le
désir de séduire ?
Le désir
de séduire est le coût de production de la bague (temps/travail),
auquel s’ajoute la valeur d’utilité (demande), plus la valeur de
la rareté (disponibilité du produit), plus la plus value
(bénéfice).
Par
conséquent, quand nous créons un produit, nous fabriquons sa valeur
intrinsèque en définissant des valeurs relatives qui ne dépendent
que de nos comportements vécus, et de la subjectivité qualitative
de notre conscience ou esprit, Qualia.[1]
C’est
pourquoi, notre économie n’a rien de scientifique,
et ne repose que sur l’étude de nos comportements sociaux, Étude
que nous effectuons au travers de ce que nous avons appelé, les
sciences sociales.
Donc, l’or
symbolisant la puissance ou la prévoyance, ne repose sur aucune
valeur réelle. Il acquiert seulement une valeur relative, qui ne
repose que sur le désir collectif d’en posséder, et de s’en
disputer l’obtention par tous les moyens, car sa symbolique est
culturellement ancrée, et se perpétue socialement au travers des
cellules familiales.
Cela, parce que sa valeur d’utilité
historique repose sur l’erreur culturelle, de la représentation
spirituelle de l’homme à l’objet, et ainsi d’avoir cru qu’il
avait une valeur réelle aux yeux des dieux.
Cordialement. ddacoudre.over-blog.com.
[1]
De plus certaines conceptions,
peut-être pour faire la part du feu, tendent à scinder la
conscience en deux. D’une part, la conscience « cognitive »,
caractérisée par sa référence (« intentionnalité ») à
des objets « réels » ou abstraits, mettant en jeu des
langages, des calculs, des formes de mémoire et de prospection à
long terme, associé à des comportements orientés ;
d’autre part, la conscience comme vécu, expérience suggestive
caractérisée de façon unique non par son objet mais par ses
propriétés intrinsèques, sa qualité (d’où le nom de Qualia
qui la désigne souvent). Jean Delacour. Conscience et cerveau.
Édition DeBoeck Université. 2001. P. 7.
cordialement ddacoudre.over-blog.com.