bonjour falocha
tout à fait.
Le salariat est apparu dès que les liens féodaux
ont été suffisamment lâches pour permettre à des hommes de
disposer librement de leur force de travail. Bien que cette liberté
soit plus formelle que réelle, car ne disposer que de la force de
ses bras pour subsister et assurer ses lendemains, borne
nécessairement cette liberté. C’est ainsi qu’au XIV ième
siècle, apparaît le terme « prolétaire » qui qualifiait ceux
qui ne possédaient que leur descendance (proles, en latin), et les
pauvres dont l’existence ne dépendaient que de leur capacité à
louer leur bras.
Mais la plupart du temps leur activité
professionnelle les faisait qualifier « Brassiers »,
« manouvriers », « journaliers ». Ils étaient plus comme
des domestiques, car la plupart du temps ils s’intégraient à la
famille de leurs employeurs, dont ils partageaient le gîte et le
couvert, à l’instar de la « famille » romaine qui désignait
en fait l’ensemble des esclaves. Cette intégration limitait la
précarité de leur existence, parce que le salaire correspondant
(modeste fraction de la récolte, quelques pièces de monnaie
équivalentes à un argent de poche) ne permettait pas de trouver une
autonomie, à moins de trouver d’autres occupations
complémentaires, ce qui n’était pas chose facile. Malgré des
conditions qu’il ne faut pas regretter, cette société rurale,
dure pour les pauvres et les sans grades, était immergée dans un
monde de relations personnelles, voire familiales qui lui donnaient
un sens (communauté de famille).
Avec l’avènement de l’industrialisation, les
liens personnels ne comptent plus, du fait d’une part de
l’urbanisation (migration vers les cités industrielle), d’autre
part par la structure industrielle qui mobilise des masses de
travailleurs que l’on voit mal s’installer dans la famille de
l’employeur. La seule forme qui subsistera en la matière, héritée
de la ruralité, sera le « paternalisme ». Un paternalisme qui
donnait un sens à l’intégration dans l’entreprise, de la même
manière que nous parlons aujourd’hui, « d’esprit d’entreprise ».
Le salaire devint le mode dominant de mobilisation
et de rémunération de la force de travail, sans que pour autant la
condition des travailleurs s’améliorent, car ils passent d’un
dur labeur rural, à un prolétariat qui les plonge dans la
misère, et il faut attendre la première loi « sociale »
votée en mars 1841 pour voir le travail des enfants limité dans les
filatures. Au XIX ième siècle le salaire devient un prix comme un
autre, soumis aux fluctuations de l’offre et de la demande en
fonction de l’intensité de la concurrence, ce n’est donc plus le
juge ou la coutume qui le fixe. Cette relation est analysée par le
code civil en 1804 et reconnue comme résultante d’un échange
de libres volontés, et considéré comme une forme de
« louage de service ». (Imposture du contrat de travail, plutôt
contrat d’adhésion).
Ainsi le salarié privé de liens familiaux ruraux,
privé d’une fixation d’un salaire coutumier, voit la recherche
d’un travail et du salaire correspondant devenir
essentielle, et s’imposer comme la valeur référentielle
quelles que soient les lentes transformations qui ont jalonné
jusqu’à nos jours, sa durée, son organisation, sa rémunération
en fonction des trois grandes périodes qui marquent notre société
industrielle.
Cordialement,ddacoudre.over-blog.com.