Diversité : les sociétés pluri-ethniques, multiconfessionnelles sont-elles viables ? L’islam est-elle une religion soluble dans la République Française ?
La coexistence « raciale », lorsqu’elle concerne un grand
nombre d’individus, est-elle viable, positive, souhaitable, créatrice,
pacifiée… ? En un mot, les sociétés multiraciales sont-elles “mieux” ou
sont-elles « moins performantes” que les autres ? C’est une équation
maintes fois éprouvée par le présent et par l’histoire. Et la réponse
est claire.
Une société non-ethniquement homogène perd en frictions inter-ethniques une énergie dont le niveau est directement lié : 1°) au nombre (importance des populations) et 2°)
au degré d’éloignement ethno-culturel des communautés minoritaires
d’avec la communauté majoritaire. Le facteur « racial » étant une
composante qui intervient de façon déterminante dans cet éloignement
ethno-culturel.
Il n’est pas nécessaire que ce degré d’éloignement soit très élevé
pour devenir un facteur de troubles. Il suffit que des divisions
apparaissent dans la société et que des sentiments d’appartenance
identitaires et communautaires se manifestent. Exemple : le degré
d’éloignement entre Irlandais catholiques et protestants n’est pas
élevé. Il n’est même pas racial. Celui entre Serbes et Bosniaques non
plus. Pas plus qu’entre Tutsis et Hutus.
La quasi totalité des conflits du XXe siècle peut s’expliquer par une
fracture ethno-culturelle au sein d’une nation. Qui sait par exemple
que l’aventure « Khmer rouge » a été largement actionnée par les
tensions entre paysans Khmers de souche et Chinois de la diaspora
urbaine ?
La distance inter-raciale n’arrange pas les choses quand elle se
superpose à la distance ethno-culturelle, ce qui est bien souvent le
cas, sauf peut-être dans quelques sociétés créolisées. Elle est
objectivement un facteur de division supplémentaire, si ce n’est le plus
important.
D’une façon plus générale, tout ce qui hétérogénéise une société
l’affaiblit, la déstructure. L’une des conséquences étant l’augmentation
mécanique du niveau de violence individuelle et étatique .
Il existe des méthodes de gestion de cette instabilité chronique des
sociétés non homogènes, et de très nombreux remèdes en fonction de la
gravité des troubles. Mais aucun ne guérit (certains « soignent » au
prix de graves effets secondaires). L’évolution est celle d’une maladie
chronique, et toutes les étapes peuvent s’observer : du pronostic vital
engagé, comme au Zimbabwe ou en Afrique du Sud, jusqu’à l’état grave
mais stabilisé comme aux USA, ou encore une aggravation rapide et non
stabilisée. C’est le cas de la France.
Les seules sociétés qui échappent (au prix fort) à cette règle sont
celles franchement post-traumatiques qui ont achevé le processus par
métissage ou phagocytage communautaire. La plupart sont situées dans
l’arc caraïbe et en Amérique latine. Mais le moins que l’on puisse dire,
c’est qu’elles ne sont ni pacifiques ni performantes .
A l’opposé, les sociétés asiatiques qui ont su rester homogènes
connaissent en ce début du XXe siècle un essor prodigieux. On notera que
l’Europe de l’Ouest, ethniquement homogène jusque dans les années 60,
s’enfonce progressivement dans un état d’instabilité et de troubles
chroniques.
Le fait que la quasi totalité du débat sociétal et politique soit
désormais la question des minorités en est la démonstration évidente.
Les sociétés pluri-ethniques et à fortiori multiraciales sont moins viables que les autres. C’est un fait .
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