@ « Alinea »
Vous avez tout-à-fait raison d’écrire
que si le FdG venait au pouvoir, il ne pourrait pas appliquer son
programme sans dézinguer l’Euro, donc l’U.E. Je crains cependant qu’en écrivant cela vous ne
portiez un jugement fatal sur votre propre parti. Car enfin, de trois
choses l’une :
-
Où bien, et c’est vraisemblablement la
stratégie du PCF, le programme et les discours du FdG ne visent
qu’à faire un maximum de voix aux élections (avec les retombées
financières que cela apporte à ses différentes boutiques), sans
croire à l’hypothèse de se retrouver un jour au pouvoir.
-
Où bien, et c’est ce que Mr
Mélenchon semble penser, l’aggravation de la crise amènera au
pouvoir une coalition allant de la gauche de l’actuel PS au PG en
passant par les verts et PCF. dans ce cas, le conflit avec l’U.E.
n’aura pas été préparé et il n’y aura ni rapport de forces
politiques ni dynamique pour se révolter contre l’U.E. Dans ce cas
donc, Mr Mélenchon finira par faire à peu près la même politique
que Mr Sarkozy et Mr Hollande et les électeurs constateront une
fois de plus que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
-
Où il y aura une vraie révolte
conte l’U.E. Et le FdG se retrouvera totalement en porte-à faux
(mais en réalité il l’est déjà). Un des problèmes, c’est que,
dans ce dernier cas, la gauche sera à peu près absente du
processus.
Car, @ « Taktak »
Le PCRF et le M’PEP représentent
tellement peu de chose qu’ils en sont réduits à tenter de mordre
sur la base du PCF comme vous le faites ici. Or cette base est déjà
bien étroite... et bien vieillie. De son côté, l’UPR s’adresse à
ce qu’il reste de gaullistes traditionnels (même remarque), une
phalange d’ex-ENA et peut-être 1 ou 2 ex-HEC. Ces organisations ressemblent à des organisations d’anciens (anciens communistes, anciens
d’ATTAC, on dirait presque parfois anciens des grandes écoles).
Donc les analyses sont assez fouillées,
souvent pertinentes, appuyées sur quelques intellectuels connus
(encore que Mr Sapir resserve souvent).
Par seule exception, le PCRF
a conservé une petite influence au sein de la CGT.
Mais où est l’impact sur l’électeur
moyen, disons le Français moyen, s’il existe ?
Sont-ce les bouquins de 500 page de MM
Nikonoff ou Sapir qui vont changer la façon de voir de quelques
millions de personnes ? Même pas les opuscules de 20 pages.
Pour que cela change, il faudrait que
ces petits groupes mettent la priorité sur quelques
messages simples et répétitifs, forcément un peu des slogans, vers
le plus grand nombre d’interlocuteurs possible et par des moyens larges. Il faudrait surtout, et ce serait très difficile, en supposant que ce soit vraiment souhaité, chercher des relais moins « militants
traditionnels » et plus réellement populaires, de préférence,
mais pas exclusivement, dans les milieux syndicaux, associatifs et
de politique locale.
Au niveau pratique, Internet est un des
rares qui soient efficaces (encore qu’une affiche bien pensée ou même un interview à la télé qui « rentre dans le lard »...). L’UPR sait un peu s’en servir. Les autres groupes
n’ont rien compris.
Tout cela pour dire que je suis comme à peu près tout le monde : sceptique, désorienté et guère optimiste.