Robert Bibeau
« ….mais
je
crois aussi que malgré les immenses efforts de Staline et du PC bolchévique
construire durablement le socialisme en URSS était tâche impossible
pour des raisons économiques - forces productives - mode de production »
Si vous voulez parler de la Russie Tsariste, ce que vous
suggérez concernant le degré du développement économique, des forces
productives et du mode de production, peut peut-être résonner la réalité. Mais
vous parlez plutôt de l’URSS de Staline, en 1937 par exemple, à la veille de la
2ème guerre mondiale. Alors, entre la Russie tsariste et l’URSS,
on passe de la nuit opaque au grand jour, en plein midi, concernant précisément
le degré du développement économique, des forces productives et du mode de
production.
Il est incontestable qu’à
la veille de la 2ème guerre mondiale, l’URSS de Staline était de
loin l’économie la plus saine et la plus solide du monde, sur tous les plans,
malgré l’encerclement capitalise. L’URSS ne connaissait pas la crise
économique. Celle-ci rongeait le camp capitaliste et l’avait précipité dans la
guerre. Et c’est précisément l’URSS qui, par ses propres moyens militaires, sur
son sol, venant à bout du fascisme hitlérien qui avait jeté toutes ses forces dans
la bataille pour l’écraser, avait apporté la libération aux peuples d’Europe
gémissant sous l’occupation nazie. Cette prouesse n’eut été possible si
l’économie, les forces de production en URSS, n’avaient pas été à la hauteur
des enjeux.
« …mais vu l’état féodal du mode de
production en RUSSIE - la tentative fut glorieuse et méritoire mais
malheureusement - tristement - vouée à l’échec il est aujourd’hui facile
de le dire. »
D’abord, comme il vient
d’être dit plus haut, vous vous méprenez sur « l’état féodal du mode de production en Russie » par rapport à
l’URSS, à moins de suggérer que le régime économique de l’URSS était un régime
féodal, ce qui revient à nier tout le processus de la révolution russe, à nier
l’avènement de l’URSS, et cela est totalement absurde.
Ensuite, vous dites que la
« tentative du coup » était vouée à
l’échec. Vous portez une réflexion à postériori effectivement facile à tenir
aujourd’hui. Vous le reconnaissez vous-même. Mais, tenez-vous tranquille,
Trotski et les trotskistes tenaient déjà ce raisonnement au moins depuis 1905.
C’était le fil conducteur de la fameuse théorie de la « Révolution permanente » élaborée par Trotski que les trotskistes
opposaient au marxisme-léninisme, au bolchevisme. C’était aussi le fil
conducteur de l’activisme contre-révolutionnaire en URSS après la révolution
d’Octobre 1917. Mais, justement, l’expérience de l’URSS est un démenti formel
de cette théorie opportuniste.
En disant que la « tentative du coup » était vouée à
l’échec, vous vous appuyez certainement sur le fait que l’expérience de l’URSS
s’est arrêtée, que l’URSS n’existe plus aujourd’hui. Cependant, vous
reconnaissez que l’expérience de l’URSS s’est arrêtée par suite d’un coup
d’Etat sanguinaire perpétré par le gang capitaliste trotskiste-krouchtchevien
infiltré dans l’appareil d’Etat de l’URSS et commandité par le capitalisme
mondial, par l’impérialisme et le sionisme.
Cette circonstance ne
signifie pas l’échec de l’expérience de l’URSS. L’échec signifierait que le
régime soviétique s’est effondré de lui-même, que la dictature du prolétariat
en elle-même est une impasse qui ne peut que mener à son propre effondrement
sans aucune intervention extérieure, uniquement par leu jeu de ses propres
ressorts intérieurs. Ceci est naturellement faux. C’est du reste la propagande
de l’impérialisme pour discréditer la dictature du prolétariat et en détourner
les masses laborieuses, en détourner les bons esprits.
En réalité, l’URSS ne
s’est pas effondrée d’elle-même sous son propre poids comme un château de
sable. L’URSS a été effondrée, a été explosée par une force ennemie infiltrée
en son sein et télécommandée de l’extérieur par l’impérialisme euro-américain.
La situation est comparable à un énorme rocher qui explose par suite d’une
charge de dynamite actionnée de l’extérieur par un système de mise à feu
soigneusement camouflé.
L’explosion de l’URSS n’a
rien de comparable avec l’effondrement du système capitaliste, l’effondrement
de l’impérialisme. Celui-ci s’effondre tout seul, sous son propre poids, alors
même qu’il domine sans partage sur le monde entier, qu’aucun ennemi extérieur
n’existe, que son seul ennemi est son propre prolétariat, c’est-à-dire ses
propres déchets qu’il ne peut s’empêcher de secréter pour exister.
En bref, l’URSS a été
dynamitée de l’extérieur par l’encerclement capitaliste. Bien sûr, le fait que
l’encerclement capitaliste ait pu trouver une cavité, aussi minime soit-elle,
pour y glisser la dynamite, est une faiblesse. Mais cette faiblesse ne témoigne
pas de la mollesse du rocher, de l’échec du socialisme par lui-même tout seul.
La maîtrise de cette faiblesse sera la force de la future expérience de la
dictature du prolétariat.
La première expérience de
la révolution communiste, la
Commune de Paris, avait duré deux mois. La deuxième
expérience, réédition de la première, l’URSS de Lénine et Staline, a duré 36
ans. La prochaine expérience, qui sera obligatoirement la réédition combinée de
la Commune de
Paris et de l’URSS de Lénine et Staline, durera sûrement des générations. La Commune de Paris et sa
répétition, l’URSS de Lénine et Staline, constituent le phare éclairant
incontournable du mouvement révolutionnaire ouvrier moderne et de tous les temps.