A Alinéa et à vous tous, je n’ai pas résisté, justement ici, de vous inviter à lire un texte écrit tout récemment par une personne âgée de 84 ans, ma sœur aînée, qui a quitté l’école,voilà très longtemps, à l’âge de 14 ans, qui a eu un vie débridée, souvent semée de malheurs et qui n’a cessé depuis des années de jeter sur du papier sans autre souci que se parler à elle même, par la plume uniquement et sans ratures, des phrases dont certaines sont d’une étonnante beauté car faites d’une simplicité naïve mais combien attendrissante.
Le texte suivant est l’un de ceux-ci, une succession de mots que j’ai pris un plaisir fou à mettre sous la forme d’un poème sans rien y ajouter d’autre.
Les feuilles d’automne sont tombées
Nue et flamboyante est la forêt
Sous mon pas léger
Habillé de velours
Le tapis devenu roux craque
L’arbre règne sur toutes les chimères
Il se dresse et franchit toutes les frontières
Au milieu de nous il pousse à l’intérieur
Il grandit respire puis arrive l’heure
Sous le ciel de l’été indien
Il ressemble au mien au tien
La mémoire de l’homme sombre dans l’oubli
Il ne sait plus que l’arbre et les oiseaux sont ses amis.