Votre article est un peu un article fourre-tout, qui passe du coq à l’âne et mélange des sujets n’ayant strictement rien à voir les uns avec les autres, tels que les massacres de Sétif, la guerre d’Algérie, le colonialisme la laïcité et même l’esclavage et son abolition.
Néanmoins, la confusion qui caractérise votre article est émaillée d’affirmations qui dénotent une idéologie confusionniste assez pernicieuse.
1°) Vous dite de la laïcite qu’elle est ( je vous cite ) :« principe étatique d’indifférence aux religions dans le but de permettre à chacun de pratiquer la religion de son choix ou de sa naissance »
Vous oubliez de dire qu’elle permet de garantir aussi à chacun le droit de n’avoir aucune religion, d’en changer, ou de dire et d’écrire tout le mal qu’il veut d’une ou plusieurs religions, et que par ailleurs, elle consiste à affirmer que la République ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte.
Par ailleurs, le concept de « religion de naissance » n’a strictement aucun sens, pas plus que le concept de « parti politique de naissance ». Les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ne sont pas codées par les gênes, et les nouveaux-nés sont tous dépourvus de religion ( le concept de « dieu(x) » étant à peu près incompréhensible pour un enfant de moins de cinq ou six ans.
Un enfant qu’il soit né de parents catholiques, musulmans, caodaïstes, raéliens ou adeptes du vaudou n’est pas un enfant ni catholique ni musulman, ni caodaïste ni raélien, ni un enfant vaudou. C’est juste un enfant ! De même qu’un enfant de parents du front national n’est pas un enfant lepéniste, un enfant né de parents du front de gauche n’est pas un enfant mélenchoniste, et un enfant de parents UMP n’est pas un enfant sarkozyste ( liste non limitative ! )
2°) La loi de 2004 que vous semblez dénoncer ne fait que constater un fait d’évidence : l’école républicaine et laïque n’est pas un lieu de propagande ni politique ni religieuse, et il n’est pas socialement admissible que les enfants scolarisés affichent, par leurs vêtements, des opinions religieuses ou politiques. Mettre un voile islamique à une écolière affiche l’opinion religieuse de ses parents, ce qui est aussi déplacé que de lui mettre un T-shirt vantant les mérites de tel ou tel parti politique auquel ses parents appartiendraient.
3°) Pour ce qui est du concordat d’Alsace-Moselle, tous les français, sauf les Alsaciens Mosellans, seraient partisans de faire disparaître ce fossile du passé. Tout du moins pourrait-on, dans un premier temps, le départementaliser de façon que seuls les Alsaciens et Mosellans en supportent la charge financière, et non leurs concitoyens laïques.
4°) En ce qui concerne la laïcisation des jours fériés, je me permet de vous rappeler que ça avait été tenté lors de la première révolution française : le calendrier républicain avait remplacé la semaine religieuse ( et astronomique ) de 7 jours par une semaine de dix jours, dans lequel le jour de repos hebdomadaire était le « décadi » . C’était tout bénéfice pour les patrons, dont les ouvriers s’arrêtaient une fois tous les dix jours au lieu d’une fois par semaine. Inutile de dire que ça a été une des causes de l’échec de la première révolution française !
La suppression des jours fériés catholiques, dont la signification est ignorée de la majorité des gens qui les observent, serait très mal ressentie par la population ! Inutile de dire qu’aucun gouvernement n’est suicidaire au point de supprimer des jours fériés le jeudi de l’ascension , la Toussaint et le lundi de Pâques et de Pentecôte.
A noter que, là encore, comme en 1789, ce sont les patrons qui se trouveraient fort aise de la suppression de ces quelques jours fériés...
5°) Quant à la commémoration de l’esclavage, on peut faire quelques observations :
- Sur l’esclavage du passé, elle ne commémore que la traite esclavagiste transatlantique organisée par l’Europe et les USA.
- Strictement rien n’est dit de la traite négrière par les arabes, qui fut bien pire que la traite négrière transatlantique, et du fait que des millions d’européens du sud furent réduits en esclavage par les barbaresques musulmans. Il importe de rappeler que ce sont ces exactions barbaresques qui ont fini par entraîner la colonisation par la France de ce qui n’était pas encore l’Algérie, le gouvernement français de l’époque en ayant eu assez de voir ses navires capturés et leurs passagers réduits en esclavage ou rançonnés.
- Enfin ces commémorations servent surtout à occulter les formes modernes de quasi-esclavage dont on a pu voir dernièrement les désastreux résultats au Bangladesh, mais qu’on voit aussi en France, chaque fois que des employés sont payés trente cinq heures alors qu’ils en font presque le double, notamment dans la restauration, où les nombreuses heures supplémentaires ne sont presque jamais payées, ce qui est une sorte d’esclavage, en somme....