Rappel de la notion d’entropie :
À la base :
L’entropie (dS) est une fonction d’état d’un système thermodynamique, dont la variation est définie comme le rapport entre sa chaleur échangée avec l’extérieur (δQ) et sa température (T) :
dS=δQ/T
Étant une fonction d’état, elle est intégrable, contrairement à la chaleur (δQ) qui ne l’est pas.
S=∫dS=∫(δQ/T)
Elle est aussi une grandeur extensive, c’est-à-dire que l’entropie de la réunion de deux systèmes thermodynamiques est la somme des entropies de ces systèmes pris individuellement.
S(A∪B)=S(A)+S(B)
Puis l’entropie fut interprétée, dans le modèle de la physique statistique, comme la mesure du nombre de micro-état possible dans un système. L’accroissement d’entropie impliquant alors l’accroissement du nombre de micro-états possibles dans ce système, ce qui est le contraire du totalitarisme...
Mais c’est à mon avis assez mal fondé de transposer ce concept (assez nébuleux) de la physique à la société. Cela suit la mauvaise voie tracée par Edgar Morin, lequel applique sans précaution aucune (et sans y connaître grand-chose) des concepts issues de certaines disciplines à des disciplines différentes, ceci sans se soucier le moins du monde de la validité des analogies qu’il présente. Morin postule des analogies, mais ne s’enquiert jamais de leurs validités et cela produit des analogie hors-sol, sans fondement rationnel, ce qui est contradictoire pour des analogies, lesquelles sont justement une mise en rapport pour des raisons précises.
Morin fait de la fausse analogie, il amasse les mots comme des slogans, c’est juste du délire.
Certes, cela permet produire un discours avec des beaux mots bien ronflants, qui a l’aspect d’une grandes réflexions philosophiques, à partir des concepts les plus sophistiqués de la modernité, mais derrière, ce n’est que du vent : Puisqu’il n’y a pas de sens précis à l’étape première de la construction des analogies, il ne peut pas y en avoir non plus à l’étape finale dans leur utilisation.
C’est donc normal que la politique de civilisation ne fut qu’esquissée : les discours de Morin sont trop imprécis et spéculatifs pour que l’on puisse s’appuyer dessus, ce serait comme construire sur du sable. La pensée de Morin est comme de l’eau : quand tu veux la saisir, elle te glisse entre les doigts.