Bonjour Rosemar
La cave que me rappelle-elle dans mes souvenirs d’enfant ? à vrai dire des épopées d’enfants allant à la cave pour en ramener des prises de guerres et ce malgré que nous n’en ayons pas de cave familiale !
Mes petits camarades et moi, nous descendions dans la cave de l’un ou de l’autre, par bravache, à plusieurs en rang d’oignons serrés les uns contre les autres, munis d’une lampe torche pour voir ce qui s’y trouvait. Nous ne pouvions allumer la lumière, étions trop petits pour manipuler les interrupteurs trop hauts.
La descente se faisait, par un escalier en bois, raide comme la misère, pour déboucher sur un sol en terre battue.
Dans les ronds de lumière de la torche, on découvrait, un vieux cadre de vélo rouillée, des pneus de toutes sortes, des patates entreposés dans un bac en bois, sur des étagères en bois, des bocaux poussiéreux de haricots verts et de tomates, de confitures de coings, de mûres, des bottes d’ails et des oignons suspendus au plafond. Des vieux magazines et des journaux entassés, en hauteur, tant il y en avait. De veilles chaises dont il manquait le paillage. De la ferraille de toute sorte, vieille binettes à sarcler, pioches, vieux pots en fer percés.
Nous regardions tout ce bric à bric, la peur au ventre, sursautions au moindre bruit qui s’amplifiait dans le silence des lieux, le coeur battant d’appréhension de découvrir une monstruosité surgissant d’un coin de la cave. Nous remontions, à l’air libre, avec nos prises de guerre, généralement, des bocaux et des confitures chapardés et, nous faisions un grand festin, un pique-nique sur l’herbe en nous passant les bocaux à tour à tour.
Cela soudait notre groupe d’enfants qui gardait le secret sur les chapardages en bande organisée, ne pouvant dénoncer les uns sans se dénoncer lui-même. 