Derrière ces discours qui font de la lutte, le sel de l’existence (moteur de l’économie par la concurrence entre entreprises, moteur de la société par la lutte des classes, moteur de l’évolution par la lutte des espèces, moteur de la politique par la lutte des partis), il y a un courant idéologique qui s’est affirmé pendant notre modernité (et qui vient de fait des pays Anglo-Saxons).
J’appelle ce courant idéologique, polémosophie. C’est une croyance selon laquelle c’est du conflit que l’on tire des habiletés profitables. Cette « sagesse » est évidemment à rebours de la pensée classique où c’est de l’amour que l’on tire les habiletés profitable, ce qui est la philosophie.
Ces polémosophies sont à l’image du manichéisme, pour lequel le conflit entre le bien et le mal est le moteur de la création de l’homme. Dans le manichéisme, le conflit est constitutif de l’existence et est voulu par Dieu.
Dans ces réfutations du manichéisme, Saint-Augustin dit combien une telle conception de Dieu est viciée, car alors Dieu ne serait pas parfait.
Il s’ensuit que Deneb, en vérité, critique la conception manichéenne de Dieu.
Dans le christianisme, Dieu veut l’harmonie, mais il trouve préférable un monde où les êtres vivants jouissent d’une certaine liberté, car s’ils n’avaient pas cette liberté, ils seraient inanimés, donc non vivants et le monde serait sans vie, ce qui serait morne.
Dieu préfère donc laisser de la liberté, pour l’animation du monde, quitte à venir corriger épisodiquement les défauts de son harmonie.
Finalement, Deneb rejoint Saint-Augustin dans une partie de son analyse, même s’il n’en tire pas les mêmes conclusions. Il en déduit que Dieu n’existe pas, tandis que Saint-Augustin en déduit que les manichéens ont une fausse conception de Dieu et se rallie au Dieu chrétien.