Y aurait comme un frémissement !... C’est
le langage employé parfois par les
journalistes pour évoquer une prise en compte d’un fait remarquable jusque là
passé inaperçu, une revendication, une grêve de la faim qui dure, un début de
dégel dans une négociation...
Y aurait, cette fois-ci, comme un
frémissement annonçant une prise de conscience à Charlie Hebdo. Son directeur a
relevé, en effet, que des rappeurs souhaitent, dans une chanson, que son canard
soit l’objet d’un autodafé.
Il a relevé ça dans une chanson qui
accompagne le film sujet du présent article.
Cela va-t-il faire frémir un peu les organisations
anti-racistes qui veillent à ce que ça n’existe pas, le racisme, dans notre
beau pays ?
Vont-ils frémir un peu les devins de la « gauche »
(étant de gauche depuis toujours, c’est plus fort que moi, faut que je mette
des guillemets) qui, en juillet 2010, avaient protesté à l’église St Bernard
(avec l’accord de la préfecture de police) contre un picnic saucisson pinard (interdit,
lui, par la préfecture de police) dans lequel ils avaient deviné du racisme et
de la haine contre une pacifique communauté qui s’installait régulièrement dans
la rue pour y faire, en s’asseyant sur la loi, sa prière du vendredi ?
Vont-ils frémir un peu tous les
extra-lucides qui revoient des wagons conduisant les juifs à Auschwitz chaque
fois que des Roms sont délogés d’un lieu qu’ils occupent illégalement ?
Tous les indignés de ces dernières semaines
qui ont vu la même horreur dans la comparaison d’une ministre à un singe ? Dans
le geste d’une gamine lui tendant une banane ? Sur la couverture d’un journal
qui la trouve, justement « maligne comme un singe » et "retrouvant
la banane" ?
Pendant des années, tous ces nobles
antiracistes indignés n’avaient pas remarqué les nombreuses vidéos dans lesquelles
tous les autres voyaient et entendaient des rappeurs (eux aussi sans doute antiracistes
puisque noirs ou maghrébins) qui hurlaient leur haine des faces de craie
(parfois aussi des homosexuels) et leur folle envie de tuer les uns et les
autres, parfois en faisant le geste de leur couper la gorge comme on fait dans
une religion d’amour et de tolérance en gueulant que Dieu est grand.
C’est que nos extra-lucides de la
bien-pensance « de gauche » sont aussi des artistes et qu’ils avaient
bien vu que ces appels au meurtre à peine déguisés étaient en réalité des
oeuvres d’art, lesquelles ne sont pas à comparer avec l’ignoble consommation de
saucisson accompagné de pinard si ça se passe à proximité d’une rue où prient
les fidèles de la religion d’amour et de paix.
Charb, s’il vous plaît, continuez de faire
frémir un peu nos sinistres aveugles menteurs, tricheurs parfois jusqu’à
l’ignominie, qui traînent la gauche - ma gauche ! - dans la boue de
l’antiracisme sélectif depuis des années !