@Serge Charbonneau : merci d’être présent sur cette page et d’y partager certains sentiments sur l’Église et le pape. Ce que je comprends de votre intervention ce n’est pas tellement les objectifs recherchés qui vous posent problème, mais la sincérité et l’authenticité de leurs auteurs. En ce qui se réfère au pape François, vous postulez qu’il est plutôt un bon manipulateur qu’un authentique pasteur engagé à changer et le Vatican et le discours du Vatican. Vous en faites une sorte d’Obama qu’une fois au pouvoir est devenu un fidèle serviteur des puissances financières et économiques qui dirigent le monde.
Toute cette approche repose sur un postulat et non sur des faits qui viendraient en consolider l’authenticité. Je sais que vous êtes un ardent défenseur des faits et que votre critique peut être acerbe lorsqu’on les manipule pour des fins journalistes qui n’ont rien à voir avec les réalités.
Dans le cas du pape François, il y ce fait qu’il assume une certaine forme de vie qui tranche d’avec celle de ses prédécesseurs. Bien des mascarades d’honneur et de prestige ont été supprimées à son initiative. Est-ce pour répondre à des préoccupations d’image ou est-ce que cela correspond véritablement à ce qu’il est ? Vous êtes de ceux qui disent que c’est pour l’image, moi je suis de ceux qui disent que c’est par authenticité. Dans les deux cas, nous sommes à un niveau d’interprétation auquel seul l’avenir saura répondre.
Dans son exhortation apostolique, il a fait ce qu’aucun pape antérieur n’a fait : identifier un système bien rodé qui génère la pauvreté d’une multitude au profit d’une minorité. Au coeur de ce système, il identifie l’économie de marché et la spéculation financière qui s’affirment en absolu sur les sociétés et les hommes et les femmes de tous les continents. Il affirme également que ce ne sera pas les organismes de bienfaisances et de charité qui résoudront ce problème de la pauvreté dans le monde, mais le changement de ce système fondé sur l’idolâtrie de l’argent.
Encore là on peut postuler que ce sont des paroles pour la galerie et que dans les faits tout continuera comme avant. On peut également postuler que cette brisure d’avec une pensée traditionnelle se voulant complaisante avec Dieu et avec Mammon constitue un nouveau départ pour les alliances de l’Église, non plus avec les grands et les puissants, mais avec les peuples qui s’unissent pour s’affranchir de la domination de ces derniers.
Tout ne se fera pas du jour au lendemain, mais la semence est là. Les cardinaux des divers pays de l’Amérique latine doivent se ronger les doigts lorsqu’ils lisent cette approche du pape. Nous savons, vous comme moi, jusqu’à quel point ils ont été et continuent d’être des alliés de l’empire et des oligarchies, justement celles que dénoncent le pape dans son exhortation et dont les références figurent dans l’article.
Je m’adresse maintenant au journaliste et professionnel de l’information. Dites-moi, comment cette exhortation du pape devrait être traitée en tant que nouvelle. On peut évidemment produire un éditorial faisant ressortir les pour et les contre de celle-ci, mais comme fait, comme évènement, que devrait nous dire le journaliste qui laisse de coté ses préjugés et qui cherche à donner l’information la plus respectueuse de cet évènement ?
Je suis loin d’avoir le dernier mot sur toutes ces questions, mais j’ai comme un sens qui me confirme l’authenticité des personnes lorsqu’elles le sont ou leur hypocrisie lorsqu’elles le sont également. C’est là, on n’y peut rien et ça ne se discute même pas. Ce n’est évidemment pas un critère objectif, mais ça agit sur le regard que j’aurai à porter. Que vos indicateurs subjectifs soient différents des miens, ne m’incommodent pas du tout. Je n’en fais toutefois pas un critère de certitude dans le cadre d’analyses objectives.
Voilà bien brièvement. Je dois maintenant m’absenter, mon petit fils m’attend à l’école. Je suis en retard... On s’en reparle.
Amicalement Oscar