@Ricket : Merci pour votre intervention et les liens que vous nous présentez. J’ai lu en grande partie les textes référés. Ils reflètent une grande érudition sur les questions apocalyptiques et leurs interprétations.
J’ai toutefois observé et vous me direz si je me trompe, que votre référence principale pour confronter l’Église d’aujourd’hui est l’Église de la tradition d’avant Vatican II. J’ai relevé très peu de références aux consignes de Jésus à ses disciples qu’il envoya vers toutes les nations pour annoncer à toutes les personnes de bonne volonté la bonne nouvelle de l’avènement du Règne de Dieu sur terre. Un Royaume fondé sur les paradigmes de la justice, de la vérité, du service des plus grands à l’endroit des plus faibles, de l’amour du prochain etc. Cette humanité nouvelle inaugurée en Jésus ressuscité est celle qui fait dire à Paul dans les Actes des apôtres que nous sommes de la race de Dieu (17,29) et que ce sera par cet homme, à qui, Dieu en le ressuscitant des morts, a donné tout pouvoir pour juger avec justice l’humanité entière Acte 17,31.
Ce Jésus ressuscité fait partie de cette humanité ainsi que de l’humanisme qui la revêt. Ce que j’ai lu de vos textes, cette humanisme est plutôt absent à moins qu’il soit confondu avec celui que vous condamner, lui reprochant de substituer l’homme à Dieu. Or le Christ est à la fois pleinement homme et pleinement Dieu, à prendre au sérieux ce que nous en dit Paul dans les Actes des Apôtres et ailleurs dans ses lettres aux diverses communautés chrétiennes.
Ce que fait le pape François c’est de redonner vie aux préceptes de Jésus à ses disciples et de rappeler au monde que le royaume inaugurée en Jésus ne saurait être la réplique d’un monde dominé par l’argent, la domination et la suffisance des puissants. Ce rappel du retour de l’Église à ses origines et du monde à plus de justice, de vérité, de solidarité, de compassion n’a rien à voir avec une soi-disant église satanisée, anti et ante Christ. Tout au contraire, ce retour d’une Église pauvre avec les pauvres et d’un monde interpelé par ces grandes valeurs humaines que sont également celles de l’Évangile ne peut pas être confondu avec les oeuvres sournoises et démoniaques de Satan.
Je pense qu’un développement de votre part sur ces préceptes de Jésus et sur cet homme de la race de Dieu dont nous parle l’apôtre Paul, donnerait à votre analyse un éclairage nouveau ou à tout le moins complémentaire.
Avec tout mon respect