Voici décrit un « hors-système »,
défini comme un anti-système, donc un oppositionnel réduit à la
logique binaire du contre le pour et du pour le contre. Un
hors-système serait donc « un contraire ». Premier
raisonnement que certains, dont nous ne faisons pas partie,
pourraient qualifier, sans pouvoir être absolument contredits,
compte tenu de ce qui en est dit par son auteur, d’« idiot
utile ».
Le « hors-système » n’est
ni individuel ni groupal, qui ne concerne que l’oppositionnel, à
l’image inversée du système. Il est culturel. Le hors-système
n’est qu’une autre culture, matériellement anéantie ou
théoriquement niée, ce qui revient au même puisque les définitions
sont fabriquées par le système des valeurs dominantes.
Un « idiot utile » ne peut
être un opposant radical ou un révolutionnaire du seul fait qu’il
se serait auto-proclamé tel. Tout serait dans la proclamation,
l’exclamation, la déclamation, la déclaration... Ce serait donc le
système qui permettrait le discernement du hors-système. Deuxième
raisonnement...
Un dissident est défini comme un
opposant et pourrait donc être fabriqué stratégiquement a
contrario. La dissidence n’est pas la conséquence d’une négation,
même si cette négation intervient comme signal de la « dissidence »
éventuellement criminelle du système, comme celle par rapport à la
simple humanité. Le dissident vrai ou « non-idiot », ne
s’oppose pas au système, il refuse cette négation, mais ne la
refuse pas par volonté de refus : elle est contraire à la
dignité humaine. Un « dissident vrai » est donc le
contraire d’un dissident : il ne se dissocie des actes négatifs
du système. La dissidence n’est pas une identité ou une
qualification, contrairement à ce que le système définit, par
réduction logique. Aucun dissident vrai ne peut être défini a
contrario. A contrario, on ne définit que des anti-, pas des hors-
Troisième raisonnement...
Le système ne résulte pas de la
sommation des activités de ses membres : il n’est pas une
théorie hégélienne. L’essence du système est pyramidale, réseauté
en esclavage collatéral horizontal. Loin d’être une somme qui nous
somme et nous assomme, le système n’est qu’une pure et simple
soustraction : c’est le pouvoir moins l’ordre. Chaos « orienté »
dans le sens de la chute du monde. Quatrième raisonnement...
Le « hors système » n’est
que tout ce qui n’est pas lui : plus lui ou pas encore. Le
« hors-système » n’est ni un réseau ni une raison, mais
quelque chose qui sonne et résonne dans le temps et l’espace, comme
un chant, comme un instrument non instrumentalisables. Le
hors-système est ce qu’il n’est pas, mais n’est pas pour autant
définissable par lui, ou son contraire. Là est le « hors »,
l’en dehors de ce qui est au dedans du monde, nié par un système
étranger à sa nature. Le système est ce qui est essentiellement
défini par ce qu’il détruit.
Non sytématiquement, Darkhaiker.