Bonjour Philippe,
Articles toujours instructifs !
c’’est la 2ème fois que j’entends parler du dilemme du tramway en peu de jours.
L’autre fois c’était pour étayer l’idée qu’un dirigeant pouvait « sacrifier » une minorité pour sauver une majorité.
Sauf que le test est en lui même « pervers », dans le sens où il pose un choix qui n’éprouve pas la morale en elle même. En effet, quel que soit le choix, celui ci est défendable moralement et donc, on à deux choix moraux et non pas un choix moral contre un autre immoral.
La vrai question du choix moral consiste à dire, vous avez d’un coté 5 personnes innocentes mais pauvres ouvriers, et de l’autre une seule personne, responsable de la situation, mais très riche et prête à vous récompenser très généreusement si vous la sauvez elle et pas les autres. Votre choix porte donc entre la valeur morale pure, mais où vous resterez pauvre et l’autre, gagner des millions en renonçant à la valeur morale pure, mais en arguant d’une société donnant la primauté à l’argent, contre la valeur morale. Ici, la position conventionnelle, consiste donc à préférer l’argent à la morale. Signe d’un société perverse où la morale est un signe de faiblesse.
Le cas d’Edouard Martin est très révélateur. Voilà un syndicaliste qui doit faire le choix entre rester fidèle à ses valeurs morales ou bien les travestir, pour accéder à un statut le sortant de sa condition ouvrière et lui assurant un confort de vie supérieure. Autrement dit, entre se laisser acheter ou non. Et si les premiers à se défier des ouvriers, sont les ouvriers eux mêmes, c’est peut être parce qu’ils sont les plus facile à acheter et donc pervertir.
En fait, pour les gens ayant une morale conventionnelle, peut on parler de morale sans parler de l’argent, son élément corrupteur ?
Pour finir, je me donnerai en exemple, je me suis fais un mauvais tour à moi même ces derniers jours. J’ai été victime de ma propre ignorance alors même que je pensais agir en connaissance acquise. Résultat, toute ma conscience s’est trouvé faussé par cette méconnaissance. J’avais alors le choix entre accepter le fait et donc le ridicule qui va avec, ou bien le refuser et risquer de dériver dans les attaques personnelles par déni de la réalité.
J’ai préféré la 1ere solution, bien que le contenu soit tout à fait pertinent, le fait d’avoir ainsi confondu entre désir et réalité rendait tout approfondissement impossible. Je m’étais fourvoyé et donc pour éviter de dévier le débat dans des attaques personnelles, où le coeur de ce que je voulais dire n’aurait plus été audible, le mieux était de faire profil bas... Sans me laisser fusiller !