Bonjour Kiosk,
Plusieurs
bonnes pistes dans cet article, mais aussi des faiblesses.
N’y voyez là aucune ironie de ma
part : Très belle plaidoirie Me Kiosk !
Mais elle coimporte elle aussi des faiblesses
malgré un excellent argumentaire. Chose plutôt rares de nos jours et cette
rareté vaut à mes yeux tout l’or du monde. Surtout en ces temps de tromperie
universelle (en référence à Georges ORWELL).
Tout
d’abord, vous confondez en une seule liberté la liberté de penser et la liberté
d’expression. Elles ne sont pas assimilables.
Certes, toutefois elles ont
pourtant un lien de causalité indéniable que l’on ne saurait ignorer au risque
d’oublier que l’une n’est que la conséquence de l’autre et donc de se fouvoyer.
Nul
ne peut vous interdire de penser ce que vous voulez, sauf à utiliser des
méthodes par exemple médicamenteuses pour troubler votre pensée.
Oui, ce n’est qu’un exemple, mais
il en existe bien d’autres comme, par exemple, détourner le sens des mots, etc.
Votre
pensée est toutefois limitée par vos connaissances, vos croyances, votre
vocabulaire, votre époque, votre état physique et certainement par bien
d’autres choses encore. Votre pensée, tant qu’elle n’est pas exprimée par la
parole, l’écrit ou le comportement ne peut faire, le cas échéant, de mal ou de
bien qu’à vous seul.
En écrivant que tant que votre
pensée n’est pas exprimée par la parole, l’écrit ou le comportement, vous
rétablissez le lien de causalité indissociable qui existe entre pensée et actes
(l’expression verbale étant également un acte, ou noème dans la phénoménologie
husserlienne). Ce qui pour certains peu justifier le fait de les assimiler. Ainsi
la liberté d’opinion
(ou de penser), pour tenir un langage plus juridique, est un droit INALIÉNABLE
de la DUDH qui
stipule clairement à son article 19 : « Tout
individu a droit à la liberté d’opinion
et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses
opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération
de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que
ce soit ». Un droit également inscrit dans le marbre de notre DDHC –
article 10 – et dans la Convention
Européenne des Droits de l’Homme – articles 10 et 11 qui dans
la hiérarchie des lois s’impose au droit français.
Il
en va autrement de la liberté d’expression, qui est une composante de la
liberté d’agir : (exemple…) Faire savoir ce que l’on pense n’est pas plus
neutre qu’agir d’une certaine façon.
Ici, vous dissociez une nouvelle
fois, les notions de liberté d’opinion de celle d’expression tout comme vous le
précisez dans la seconde phrase de votre commentaire qui était en fait un
sophisme de paradoxe. Se faisant, vous pouvez dès lors aisément broder toute
une argumentation comme seule la rationalité
pratico-formelle a la capacité de le faire.
Tout le reste de votre argumentaire
se tient aussi parfaitement, sauf que tout votre post est basé sur une prémisse
erronée qui fausse tout le raisonnement comme en atteste les lois en vigueur en
Europe et dans notre pays.
C’est ce type de raisonnement,
pourtant très bien développé, qui représente le véritable danger pour nos démocraties
et non pas la liberté d’expression que, semble-t-il vous souhaitez réprimer.
Il en résulte que l’auteur de cet
article est parfaitement fondé de défendre cette liberté en invoquant
MONTESQUIEU comme il le fait (et non pas lorsqu’il parle de Dieudonné).
Par contre, je serais véritablement
curieux de savoir si, oui ou non, vous avez conscience du sophisme que vous
avez produit pour justifier votre point de vue ou bien si vous en êtes
totalement inconscient.
Bon… par contre, si je reconnais la
subtilité de votre plaidoirie, votre conclusion sur la quenelle est aussi ‘molle’
que la chose que désigne ce terme. C’est comme qui dirait : « ça finit en eau de boudin ».