@Laurentgantner
Certes, les pouvoirs en place, au Soudan, en Iran et à un moindre degré à Cuba, sont d’une ignominie totale, mais cela ne veut pas dire que les banques, dont la morale est le cadet des soucis, ne doivent pas commercer avec ces pays.
Apparemment, la BNP n’est pas accusée d’avoir violé un embargo international, mais un embargo américain. Autrement dit, dans l’opinion des juges américains, la loi américaine concernant l’embargo sur le Soudan, l’Iran et Cuba a vocation à s’appliquer à n’importe quelle banque de n’importe quel pays du monde.
C’est un peu comme si la France décidait que tel délit spécifiquement punissable en France, mais pas ailleurs, avait vocation à être jugé selon la loi française partout dans le monde.
Evidemment, si nous avions un pouvoir exécutif digne de ce nom, cette future décision judiciaire américaine ( qui n’est rien d’autre qu’une gigantesque tentative d’extorsion de fonds sous des prétextes bidons ), entraînerait la réaction suivante des autorités françaises : l’ambassadeur des USA en France serait discrètement convoqué ( sans en avertir les médias ) par le Président Hollande et le Ministre des affaires étrangères Fabius, qui lui tiendraient le langage suivant : « nous considérerions cette sanction, si elle était effectivement décidée par la justice américaine, comme un véritable hold-up, un acte de racket international absolument scandaleux. Si cette décision judiciaire est prise, les USA peuvent d’une part dire adieu au traité commercial transatlantique en gestation, et d’autre part, cela entraînerait immédiatement des mesures de rétorsion immédiate telles que par exemple un droit de douane spéciale sur les produits américains importés, dont le produit serait reversé à la BNP, ou bien la sortie pure et simple de la France de l’OTAN ! »
Voilà le genre de langage qu’aurait probablement tenu un De Gaulle si de telles tentatives d’extorsion de fonds américaines avaient eu lieu en son temps.
Malheureusement, que peut-on attendre d’un Hollande sinon de s’écraser platement devant un tel oukase ...