Encore une fois, je me retrouve dans votre propos dont la clarté et la simplicité forcent l’estime.
« que l’esclave et l’esclavagiste n’ont pas de couleur propre, »
Voila qui rouvre pour moi un sujet tout à fait irritant :
Quand bien même il faudrait assumer la dépravation morale que furent la traite négrière et le commerce triangulaire, m’entendre faire la morale par les descendants d’esclaves, dans le but clairement avoué d’obtenir des compensations financières pour les malheurs endurés, j’objecte qu’à l’heure où les marchands Nantais, mais tout aussi bien Hollandais, Anglais, Arabes s’adonnaient à l’infâme trafic, mes ancêtres à moi étaient répertoriés sur les registres municipaux comme « Fille de ferme ayant épousé un Charron ».
Voilà une condition qui les ramène plus près des conditions du serf que de l’opulence des susdits marchands...
S’il faut évoquer maintenant le destin d’un peuple qui a beaucoup souffert, j’en appelle à l’histoire paternelle : après qu’il eut raconté non sans un certain humour, son grand rallye Dijon-Bordeaux (il était mécanicien d’aviation) « poussés à grand coups de pieds dans le cul par la Luftwaffe et la Wehrmacht » il revint assez penaud passer le reste du conflit dans son Creusot natal, courbant l’échine en attendant des jours meilleurs, et assez providentiellement écarté du STO par une méchante appendicite infectée... Pas vraiment le profil d’un déporteur de juifs.
Marre de ces moralistes Jet-Setteurs, aussi bien que de tous nos politiciens adeptes de l’autoflagellation et de la contrition en public.
La vie, c’est ici et maintenant !