Sibonay est dans la banlieue ouest de La Havane, grosso modo derrière Miramar après l’hôpital réservé aux grands du régime. Personnellement, je vivais Centro Habana soit Conception de la Valla, soit avenida Salvador Allende. Je remarque que chaque fois qu’on écrit une vérité, il y a des contradicteurs qui, plutôt que de répondre aux questions posées ou dialoguer sur un point quelconque se contentent d’émettre des doutes sur mes dires.
Et m’accusent ensuite de faire de la désinformation.
Je vais donc vous décrire succintement la partie de maison où je vivais. Elle était située au troisième étage, l’accès au toit était condamné depuis des lustres et les murs partaient en oblique car il n’y avait ni d’un côté ni de l’autre de construction mitoyenne. Le plafond était incurvé et laissait passer l’eau chaque fois qu’il pleuvait pour descendre ensuite au second, puis au premier pour être finalement évacuée à la raclette par celui du rez-de-chaussée. Les crevasses de bas en haut atteignant les cinq centimètres et chaque fois qu’un camion passait, la baraque ( comment la qualifier autrement sinon en pire ) tremblait sur ses bases. Le salon ( doux euphémisme ! ) donnait sur un trou béant parce que le balcon était tombé 17 ans auparavant et que les brigades de rénovation n’avaient toujours pas de ciment pour le réparer. Les escaliers, du moins ce qu’il en restait, étaient étançonnés et le passsage entre le premier et le second devait se faire à ras le mur car cette partie s’était écroulée depuis longtemps. Une maison d’une dangerosité telle qu’en France elle aurait été démolie depuis des lustres. C’était une véritable honte d’appeler ce phalanstère qui datait des années 30 d’habitation.
Ne me croyez évidement pas, il ne s’agit que de désinformation.
Ah oui, j’oubliais : toda la culpa le tiene los Americanos, point ! Là, il s’agit d’information, la seule ayant droit de cité.
Je conseille fortement à tous les adorateurs de ce pays du bonheur insoutenable de se faire inviter dans n’importe quel logis d’Habana Centro. Qu’ils prennent soin d’amener des légumes, du riz et de la viande provenant des marchés dits libres ( tenus exclusivement par des gens du régime ) sinon ils n’auront rien à bouffer et votre générosité sera pour vos invitants jour de bombance.
Sinon, c’est zéro ou le seul menu possible : du riz aux haricots rouges, parfois avec un peu de yucca ou de bananes plantain
Parlons du riz, tiens ! Il s’achète à la livre et ke premier travail des femmes consistera inmanuablement à l’étendre sur la table pour séparer petits morceaux de cailloux et graines de riz, le résultat sera environ moitié-moitié. Seuls les sbires du régime et ceux qui reçoivent des mandats venus de l’étranger ont les moyens de fréquenter les haciendas. J’y ai un jour acheté une pièce de boeuf surgelé avec ma belle-mère qui n’y était jamais entrée faute de moyens et la pièce en question était un gros caillou enrobé d’un peu de bidoche qui s’est avérée inconsomable tant elle puait la charogne.
J’arrête là la désinformation, vous finiriez par me croire...