Bonjour Loatse
Je reconnais à l’église catholique et à ses membres, comme à tous
les croyants de toutes les religions, le droit d’être tièdes mais, depuis plus de vingt ans, je milite pour une radicale réforme, du christianisme en
général et du catholicisme en particulier parce que, selon moi, la violence
grandissante du monde a pour cause, dans une large mesure, la conception de Dieu enseignée par les trois plus grandes
religions monothéistes.
Je constate que le sujet, au moins quand il est abordé de cette
manière, n’intéresse guère mais je m’en fiche, et ça ne me conduit pas à
devenir tiède dans l’expression de ma révolte, bien au contraire.
Ancien catholique fervent j’avais été stupéfait, à l’âge adulte, de
constater que l’Eglise enseignait toujours la croyance en une "bonne mais
très ancienne" volonté de violence de Dieu alors qu’il me paraissait
évident que le prophète juif Jésus de Nazareth, dont l’Eglise se voulait
l’héritière spirituelle, avait consacré sa vie à tenter de faire comprendre, au
moins à ceux qui croient en Dieu, qu’il n’a toujours appelé que à l’amour universel et à la paix.
Mais aujourd’hui encore, 70
ans après le génocide des juifs par les nazis, l’Eglise catholique
réaffirme, notamment dans son Nouveau Catéchisme, et même si ce n’est pas dit aussi
brutalement, que le Dieu auquel il faut
croire a bien commandé très explicitement un très explicite génocide (entre
autres horreurs). C’est forcément vrai, selon l’Eglise, puisque c’est écrit dans l’Ancien Testament (AT), qu’elle considère
tout autant que le Nouveau comme expression incontestable de la Parole de Dieu.
L’Eglise n’a donc toujours pas même atteint, sur ce point précis,
la réflexion de certains prophètes de l’AT qui avaient fait avancer la religion hébraïque vers la vraie religion pacifiante, voulue
plus tard par le merveilleux prophète Jésus (qu’on peut vouloir Christ, Dieu
lui-même, le Réssuscité... ce qui ne me dérange nullement mais est devenu pour
moi très secondaire).
On peut résumer par exemple la démarche réformatrice des chercheurs de Dieu de l’AT dans cette
critique que fait Ezéchiel de la croyance dans le Dieu jaloux qui affirme, dans
les Dix Commandements, qu’il veut "punir la faute des pères sur les
enfants jusqu’à la quatrième génération« : Qu’avez-vous à proférer ce dicton en terre d’Israël : Les pères mangent
du raisin vert, et les dents de leurs fils sont agacées ? .../... la personne
qui pèche c’est elle qui mourra (Ez 18).
Deux millénaires et demi plus tard l’Eglise catholique, sur ce point précis, n’en est toujours
pas là ! C’est beaucoup plus grave que la tiédeur
des croyants incapables aujourd’hui de financer leurs propres églises
puisque c’est le message pacifiant des Évangiles
qui est ici trahi.