Je trouve
depuis quelque temps qu’Agoravox devient une véritable « poubelle »
qui pourrait à terme constitué une sorte de référence, de degré zéro de la
réflexion !
Ainsi nous
avons eu droit à différents articles stupides sur quelques trous alignés sur la
carlingue d’un Boeing, ce qui devait absolument démontrer qu’il avait été
abattu en vol. J’ai tenté l’expérience chez moi en jetant au hasard sur ma
table une centaine de grandes de riz et je peux certifier en avoir trouvé au
moins trois séries de cinq situés à égale distance les uns des autres que je
pouvais relier par ligne droite sans que je n’ai eu besoin de mitrailler mon
mobilier. Nous avons ensuite eu droit à un article conspirationiste qui
confondait, volontairement ou non, des essais de lancement dans l’atmosphère et
des sels divers associés ou non à des polymères synthétiques, avec des traînées
de condensation que la science explique très simplement depuis une vingtaine d’années.
Il oubliait aussi le nombre de personnes potentiellement impliquées dans de
telles manœuvres, nombre tellement grand qu’il ne pourrait prévenir que l’information
ait filtrée ! Enfin, nous avons droit aujourd’hui à ce marronnier se
rapportant à l’évolution.
En sus des
excellentes réponses apportées par plusieurs détecteurs à cet article, en dépit
de son côté calamiteux, je souhaiterais néanmoins
contribuer en précisant ce qui suit.
1. Les
mutations
Contrairement
à ce que peut laisser penser l’article, toutes les mutations ne sont pas bonnes
ou mauvaises. La plupart sont en fait totalement neutres, c’est-à-dire qu’elles
n’ont aucun effet bénéfique ou négatif sur l’organisme qui les subit. Le
caractère bénéfique ou négatif ne dépend par ailleurs que de l’environnement et
peut ne se révéler que dans certains environnements donnés. Enfin un caractère
bénéfique dans l’environnement A peut devenir un caractère délétère dans l’environnement
B. C’est le principe de la sélection. Ce principe de sélection a d’ailleurs été
validé en grande partie par des expériences menées sur des bactéries soumises pendant
des années à un environnement particulier dans lequel les morceaux entiers du
génome « non inutiles » ont disparu. Il est également validé par de
très nombreux travaux portant sur l’apparition de résistances aux antibiotiques,
par l’augmentation de la fréquence dans des milieux où l’usage antibiotique est
fort, et par la réduction de l’incidence de ces résistances lorsque l’usage
antibiotique diminue. Ceci est lié justement au fait que la mutation bénéfique
dans l’environnement riche en antibiotique se trouve devenir un « fardeau
génétique » dans l’environnement sans antibiotique
2. La
question des déchets
Il faut être
aveugle, ou de mauvaise foi, pour ne pas voir que ces « déchets »
existent. Je n’aurais qu’un exemple, celui d’extinction des « dinosaures ».
Cette extinction est d’ailleurs concomitante avec l’extinction d’un grand
nombre d’espèces (dont des espèces marines) en lien avec soit une irruption
massive soit un choc cométaire. Celui-ci a probablement entraîné une baisse de
la température et de l’activité photosynthétique, donc une diminution sensible
des proies que constitue le plancton pour les poissons ou les végétaux pour les
grands reptiles herbivores. Les herbivores étant pour sa part également des
proies pour les carnivores, nous avons donc vu un impact sur l’ensemble de ces
grands animaux. Ceux qui ont survécu sont ceux qui présentaient le métabolisme le
plus parcimonieux, et qui ont pu s’adapter aux conditions climatiques
changeantes.
Autre exemple
des « déchets » que vous avez sous les yeux, la disparition de l’homme
de Néanderthal, remplaçait progressivement (cela a pris quand même plus de 10 000
ans) par Homo sapiens, hominidés au régime alimentaire probablement mieux
adapté aux conditions environnementales de par sa diversification.
Je pourrais
vous donner encore une dizaine d’exemples qui vous montrent que les déchets
sont bien présents sou vos yeux. Suffit de garder ces yeux, comme l’esprit,
ouverts.
3. L’histoire
du coût de la girafe ou ou celle de l’apparition de l’oeil
Les partisans
des théories créationnistes, ou les plus chauds partisans de l’intelligent
design évoquent souvent la question de l’apparition
de l’œil pour démontrer, à leur sens, la stupidité de la « théorie de l’évolution
». Les progrès de la biologie moléculaire ont permis de comprendre comment l’œil
s’était progressivement formé à partir des récepteurs photosensibles des
premiers organismes, par combinaison avec des protéines associées à des
pigments photosynthétiques commandant transgènes organise aussi simple que des
bactéries. Chez les organismes complexes, se trouve que des « proto-oeils » sont apparus sous forme de qualité dont le
fond était tapissé de cellules photo réceptrices. Je vous suggère d’ailleurs de
lire l’excellent article de l’encyclopédie en ligne Wikipédia à ce sujet,
auquel je très modestement contribué, et qui fait d’ailleurs part dans un souci
d’objectivité, des lacunes de connaissances, des « chaînons manquants »
(ex. l’apparition du nerf optique, mais l’absence de preuve n’est pas la preuve
de l’absence) et des controverses autour
de ce sujet.
Pour en
revenir à ce qui me préoccupait au début de mon intervention je me demande s’il
ne serait pas souhaitable de revoir très profondément la façon dont sont
modérés des articles d’agoravox si on ne veut pas que ce média citoyen soit à l’information
raisonnée ce que Closer ou le Sun sont à la presse d’investigation.